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Internet et syndicalismeL'Internet : Des valeurs ajoutées à l'informationpar Monique Fréchette
L'Internet est une créature qui a échappé à sa mission militaire d'origine.
Sorte de Frankenstein technologique, il détient, aujourd'hui, une vie qui lui est propre.
Comme nouveau territoire de l'expression humaine encore libre mais menacé, l'Internet permet tous les espoirs mais aussi toutes les craintes.
Avant d'aborder définitivement le coeur de ce document qui porte sur la veille informationnelle, je vous propose de jeter un regard sur le nouveau territoire de l'Internet. Nous verrons que le réseau des réseaux est l'environnement dans lequel la veille peut s'effectuer de façon extrêmement efficace. Certains prétendent qu'il est inutile d'arpenter l'Intenet puisqu'il retranspose uniquement ce qui existe déjà dans les livres, les journaux et les magazines. Il n'est rien de plus erroné que de croire ce préjugé. L'Internet et ses capacités interactives ont entièrement transformé la gestion de l'information traditionnelle.
Le phénomène de l'hyperlien* permet une focalisation en cascade et spécialisée de l'information selon que le lecteur désire une vision générale d'un sujet ou de plus en plus approfondie.
Mieux que l'architecture traditionelle de l'information, les hyperliens deviennent une filière tout azimut dans laquelle voyage le visiteur avec les fonctions de souplesse des fureteurs du réseau.
Cette fonctionnalité inédite de l'Internet est à elle seule une innovation qui ajoute à la valeur de l'information sur le réseau.
Lorsque efficacement exploitée, cette capacité sélective alliée à la possibilité d'emmagasiner les pages consultées sur son propre ordinateur, permet d'une part, un regroupement spécialisé de l'information et d'autre part, offre un choix extrêmement varié de réorganisation des informations recueillies.
Les moteurs de recherche, qui laissent encore à désirer quant à la qualité et la quantité des résultats obtenus, font déjà un boulot colossal qu'aucun recherchiste ne pourrait réussir à effectuer dans les quelques secondes que leurs concurrents électroniques mettent pour nous présenter à l'écran une liste de référence d'une pertinence, somme toute, satisfaisante. L'actuelle culture des internautes fait en sorte que celui qui est avare de commentaires ou de précisions sur ses écrits se voie vite écarté par ses cyber-concitoyens. L'Internet est avant tout un lieu d'échanges et de discussions, malgré que parfois virulentes, celles-ci permettent le développement d'un esprit critique qui, sainement utilisé, peut apporter nombres d'éléments complémentaires à une recherche. Étonnement, des opérations de type "bouteille à la mer" ont souvent apporté des résultats étonnants à leur initiateur. Rappelons-nous que l'activité de veille ne fait pas appel uniquement à la rationalité mais aussi à une part d'intuition. Sans être un territoire aléatoire, la diversité de l'Internet offre la possibilité de faire des découvertes parfois étonnantes. Je fais ici une parenthèse pour souligner la grossière erreur de l'actuelle tendance d'une majorité d'entreprises à restreindre les zones d'accès au cyberespace à leurs employés. Il serait beaucoup plus efficace de développer une maturité informatique chez les travailleurs en démystifiant le réseau comme un lieu autre que pornographique ou un loisir léger. On pourrait aussi se demander si cette volonté d'éducation de la main-d'oeuvre serait appuyée par les méga-entreprises qui possèdent la chaîne de fabrication de la quincaillerie nécessaire aux activités de loisirs dans le cyberespace? La théorie "du pain et des jeux" est malheureusement encore celle que pratique le pouvoir, aujourd'hui, détenu par les secteurs économiques. Fin de la parenthèse. Finalement, l'Internet effraie souvent par son gigantisme. Cependant, l'utilisation pertinente des outils et des méthodes de gestion de l'information et des communications, peut permettre une organisation structurée de la veille informationnelle qui dépasse en qualité et en quantité tout autre moyen traditionnel.
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