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  • Une éthique des inforoutes en milieu de travail - La surveillance informatique - Article paru dans le Journal du SFPQ, no 2, juillet 1999

  • Une éthique des inforoutes en milieu de travail - Explosion et implosion des barrières géographiques - Article paru dans le Journal du SFPQ, no 1, février 1999

  • Des points de convergence : Cyberespace et syndicalisme
    Article paru dans le Journal du SFPQ, no 4, décembre 1998

  • Un bref portrait des inforoutes - Article paru dans le Journal du SFPQ, no 3, octobre 1998
  • Internet et syndicalisme

    Une éthique des inforoutes en milieu de travail
    «La surveillance informatique»

    par Monique Fréchette
    Article paru dans le Journal du SFPQ, no 2, juillet 1999

    L'éthique des inforoutes suppose le consentement à certaines règles de conduite. Les nouvelles possibilités de surveillance et l'inconduite dite "numérique" exigent des actions structurées et concertées. Devant les dangers de dérapages, les codes de conduite en entreprise deviennent des outils essentiels du développement des inforoutes.


    L'utilisation des inforoutes ainsi que les nouveaux gadgets de l'informatique permettent une surveillance toujours plus sophistiqué. Pensons, par exemple, à la prise d'écran à distance qui permet à un gestionnaire de faire apparaître à l'écran de son poste de travail, l'écran de n'importe lequel de ses employés et même d'en modifier le contenu à distance. Que dire de la souris de Microsoft qui mesure le kilométrage effectué par le petit engin ou de la productivité des programmeurs mesurée à la ligne de programmation. Sans oublier, les possibilités de la carte à puce qui reliée à l'ordinateur de l'entreprise peut dévoiler vos faits et gestes allant jusqu'au contenu de votre petit déjeuner à la cafétéria. Encore mieux, l'an dernier, un chercheur britannique a développé une puce informatique qui s'implante sous la peau et peut communiquer par ondes-radio avec le réseau de l'entreprise.

    Évidemment, il ne faudrait pas passer sous silence, la fouille des ordinateurs et les possibilités de retracer le moindre mot qui a pu être transmis par le biais de l'électronique. D'ailleurs, sachez bien que ces vestiges informatiques, que vous croyez peut-être disparus, sont recevables comme élément de preuve auprès des tribunaux canadiens.

    Très peu d'organisations possèdent actuellement un code de conduite qui définit clairement les limites d'utilisation du matériel informatique ou, lorsqu'un tel code existe, souvent la main-d'oeuvre ignore son existence. Trop souvent aussi, l'implantation de nouveaux systèmes informatiques n'est pas accompagnée d'une formation adéquate tant pour les employés que les gestionnaires qui ne connaissent pas les conséquences de leurs actes. Il est encore plus exceptionnel de voir un syndicat être impliqué dans l'élaboration d'un code de conduite dans l'entreprise. De plus, les employés mal informés ne connaissent pas les sanctions auxquelles ils s'exposent dans le cadre de leur travail. Pourtant, toutes ces absences de considérations pour les travailleurs et les travailleuses donnent lieu à des dérapages qui ont déjà conduient à des mises à pied.

    La majorité des moyens de surveillance visent essentiellement à mesurer la productivité quantitative et qualitative (pensons ici au contenu de votre courrier électronique). Toutefois, le coulage par l'utilisation des inforoutes d'information dite "sensible" ou "nominative" est un problème de plus en plus préoccupant. Pensons ici, à toute la polémique qui entoure actuellement le ministère du Revenu. Aussi, le harcèlement sexuel généré par l'accès à la pornographie via l'Internet ou la transmission de courriels indésirables ne peuvent être passés sous silence. D'ailleurs, ceux qui croient encore pouvoir dissimuler au patron leur navigation impertinente sur Internet durant leurs heures de travail sont bien naïfs!

    Il est étonnant d'apprendre que la simple notion de "présomption d'inconduite numérique" rend légitime la surveillance des individus à leur insu. La présomption de l'employeur l'autorisera aussi à fouiller votre ordinateur et même celui de votre domicile s'il le faut. Le gouvernement fédéral a produit un document dans le cadre de la sécurité nationale qui lève les barrières d'à peu près tous les scrupules existants à fouiller les ordinateurs. Il est facile de penser que les gouvernements provinciaux ne seront pas plus catholiques que leurs homologues fédéraux. En outre, des jurisprudences concernant des surveillances vidéo démontrent que la justice sera très tolérante envers les employeurs en terme de surveillance cachée si l'employé est effectivement fautif dans son comportement.

    Dans un tel contexte, où les fautes commises peuvent conduire à des sanctions allant jusqu'au congédiement, il est primordial d'élaborer des règles claires. Les travailleurs et les travailleuses devraient être informés des attentes de leur employeur, des limites permises dans l'utilisation personnelle et professionnelle du matériel informatique. Les sanctions en cas d'infraction aux règles de l'entreprise devraient être proportionnelles aux fautes reprochées. Toute forme de surveillance devrait être connue de tous et un voyeurisme informatique abusif de la part de l'employeur devrait aussi être défendu. Finalement, la participation de tous les intervenants de l'entreprise, gestionnaires, employés et syndicats à l'élaboration d'un code de conduite peut s'avérer garante d'un consentement volontaire au respect des règles.

    Note : Sur ce site, vous trouverez un dossier complet concernant la surveillance informatique.

    Monique Fréchette

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