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  • Résultats du sondage "Utilisation syndicale de l'Internet" mené auprès de 101 répondant(e)s du 7 juin 2001 au 10 septembre 2001
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  • Une éthique des inforoutes en milieu de travail - La surveillance informatique - Article paru dans le Journal du SFPQ, no 2, juillet 1999

  • Une éthique des inforoutes en milieu de travail - Explosion et implosion des barrières géographiques - Article paru dans le Journal du SFPQ, no 1, février 1999

  • Des points de convergence : Cyberespace et syndicalisme
    Article paru dans le Journal du SFPQ, no 4, décembre 1998

  • Un bref portrait des inforoutes - Article paru dans le Journal du SFPQ, no 3, octobre 1998
  • Internet et syndicalisme

    Un bref portrait des inforoutes

    par Monique Fréchette
    Article paru dans le Journal du SFPQ, no 3, octobre 1998

    «L'invasion des inforoutes est inévitable.» Voilà, une affirmation maintenant admise par l'ensemble des secteurs socioéconomiques mondiaux. L'Internet et la multiplication des Intranets sont devenus les outils privilégiés des sociétés modernes. Implantées partout dans nos vies professionnelles et privées, les Inforoutes, phénomène inédit, requièrent une surveillance globale. Le syndicalisme, pas plus que tout autre secteur de l'activité humaine, ne peut faire l'économie d'une réflexion et d'une appropriation des problématiques issues de ce nouveau monde.


    S'il existe un endroit où les gens croulent sous l'information, c'est bien dans le domaine des relations du travail. Ouvrez la porte du bureau d'un négociateur ou d'un dirigeant syndical et vous aurez probablement l'image parfaite pour définir le terme de capharnaüm. J'imagine les sourires qui se dessinent sur le visage des collègues avec qui j'ai si souvent discuté de ce problème alors que tout comme eux je tentais désespérément de lire, souvent en diagonale faute de temps, les multiples documents qui s'amassaient sur mon bureau. Je ne suis donc pas étonnée de voir plusieurs d'entre eux prendre leurs jambes à leur cou lorsque je prononce le simple nom d'Internet. Déjà submergés par une abondance d'information, les individus, qui travaillent dans ce secteur complexe de l'activité humaine, voient souvent d'un mauvais œil le raz-de-marée d'information qui pourrait déferler sur leur bureau s'ils avaient le malheur d'ouvrir la porte à cette nouvelle créature des communications.

    Leur crainte est compréhensible si l'outil leur est présenté comme souvent aléatoire et d'autant plus, de l'avis de plusieurs, si l'information y réside librement et sans domicile fixe telle une immense cohue indomptable. Sous des apparences aussi débridées, l'Internet peut laisser croire à l'arrivant qu'il se trouve sur un territoire anarchique et qu'il serait pure perte de temps de s'y attarder. Mais devant l'inévitable, tôt ou tard, ils devront s'incliner et faire face à ce qui, plus qu'un simple outil, devient de jour en jour le véhicule privilégié de toutes activités économiques, politiques et sociales de l'humanité.

    Ainsi quelques questions se posent ; pourquoi le monde des relations du travail devrait-il adhérer à un moyen qui apparaît aussi insaisissable alors qu'ils croulent déjà sous les moyens traditionnels de l'information ? Devant l'incontournable invasion de l'Internet, comment endigueront-ils cet océan d'information ? Comment donner une échelle humaine à ce torrent indiscipliné de sites Web, de forums de discussion, de courriers électroniques... ? Existe-t-il vraiment une valeur ajoutée à l'information du nouveau monde de l'Internet ? Autant de questions auxquelles il faudra bien répondre.

    Cette nouvelle chronique vous propose de jeter un regard critique et lucide sur le phénomène croissant des Inforoutes. Nous commencerons tout d'abord par faire un bref portrait du développement des Inforoutes et de leurs impacts sur les mouvements socioéconomiques planétaires.

    Les chroniques suivantes s'attarderont à cerner différents enjeux liés à ces phénomènes du point de vue du syndicalisme en tant que tel, mais aussi des énormes impacts que ces technologies auront assurément sur le travail.

    Un bref portrait des inforoutes

    Tout d'abord, il importe de bien s'entendre sur le terme « Inforoutes », car elles sont à la fois contenant et contenu. Il existe plusieurs variables de cette définition. Je retiendrai ici, comme étant l'une des plus exactes, celle que Michel Venne nous propose dans son livre « Ces fascinantes Inforoutes ».

    « ...Les Inforoutes sont des réseaux de communication à grande vitesse qui relient entre eux des ordinateurs, par câble ou par satellite, dans lesquels circulent des données, du texte, du son, des images fixes ou animées. Le terme « Inforoutes » recouvre à la fois la réalité des infrastructures matérielles qui permettent de relier les ordinateurs entre eux, mais également la réalité des produits ou des services que l'on peut y trouver ainsi que le marché que ces réseaux constituent. »

    L'invasion des Inforoutes affecte tous les secteurs de l'activité humaine. Il y a encore quelques années, l'industrie de l'automobile était le baromètre de la santé économique des pays industrialisés ; aujourd'hui, le secteur de l'informatique a pris la relève. Symptôme de cette réalité, les derniers soubresauts boursiers ont été accompagnés d'un regard attentif des spéculateurs sur les fluctuations des grands noms de l'informatique comme IBM et Microsoft. C'est un univers immense qui, malgré ses apparences intangibles s'est infiltré physiquement partout autour de nous.

    Si les Inforoutes sont un phénomène économique incontournable qui génère des milliards de dollars annuellement en installation et développement technologique de communication et en matériel de supports informatiques, sa puissance apparente n'a d'égale que sa fragilité technologique ; notons ici le cauchemar que cause à plusieurs organisations le passage à l'an 2000.

    À l'origine de la mondialisation des marchés, l'Inforoute permet quotidiennement à des milliards de dollars de transiter internationalement souvent dans le seul but d'atteindre des abris fiscaux ou de gonfler les réserves des grandes banques, déstabilisant ainsi l'économie mondiale. C'est l'axe autour duquel tournent les grands mouvements financiers. Que dire de l'effondrement du dollar mexicain et la récente décrépitude de certains empires asiatiques sinon que les Inforoutes ont largement contribué à la rapidité de leur déclin ?

    Mais il ne s'agit pas seulement d'un phénomène économique. Comme phénomène de communication sans précédent, les Inforoutes sont un moyen instantané et international de transmission de l'information multimédia et redéfinissent profondément la relation entre le communicateur et l'interlocuteur, autrefois passif. .

    Cette capacité de communication instantanée à distance et pluraliste sous-tend plusieurs changements dans l'organisation stratégique des entreprises et particulièrement dans l'organisation du travail.

    Comme phénomène d'accès à l'information de masse, les Inforoutes ouvrent les portes à un univers gigantesque d'information. La toile Internet devient un océan où l'on peut puiser une multitude d'informations de toutes natures. L'ouverture spontanée des dernières années à un grand public d'un déluge d'informations parfois contradictoires ou non valides pose problème.

    De plus, l'information ainsi libérée du contrôle des décideurs traditionnels remet en cause les notions de pouvoir politique, économique et social. La prise de contrôle des réseaux par les méga-entreprises privées inquiète quant à la liberté d'expression des médias indépendants et à la survie de la PME dans ce secteur d'activités. La préservation des cultures et des langues fait aussi l'objet de questionnement sérieux. Les outils de traduction sont présentement en développement mais ils demeurent encore très peu satisfaisants.

    À titre de phénomène social, les enjeux sont aussi importants. Le cyberespace a donné naissance à un nouveau type de travailleur « le nomade électronique », phénomène inédit dont l'ampleur ne fera que s'accroître. On parle maintenant d'analphabétisme technologique, d'info-riches et d'info-pauvres. Par ailleurs, les notions de droits à la vie privée, le règlement des litiges dans le cyberespace, les droits du travail sont autant de sujets discutés trop souvent en cercle restreint d'initiés. Les secteurs importants de la santé et de l'éducation sont pris d'assaut par un lobbying constant des méga-entreprises qui y voient matière à un profit purement mercantile.

    Finalement, le phénomène politique associé au développement des Inforoutes, ou le rôle de l'État et la problématique de citoyenneté active, sont des aspects stratégiques pour la démocratie. L'individualisme et le libéralisme économique règnent avant tout sur le territoire cybernétique malgré les efforts de quelques initiés à porter le message démocratique.

    Un tel portrait indique bien qu'il devient urgent pour le milieu syndical de comprendre les diverses mécaniques qui régissent le cyberespace à l'échelle mondiale pour être en mesure d'intervenir. La capacité de bien gérer cette multitude d'informations ainsi que les problématiques juridiques et éthiques issues de ce gigantesque univers en dépend.

    Cette chronique visera précisément à amorcer cette appropriation, tant des problématiques que des mécanismes des Inforoutes et particulièrement de l'Internet, sous cinq aspects essentiels :
    · un phénomène économique incontournable ;
    · un phénomène de communication sans précédent ;
    · un phénomène d'accès à l'information de masse ;
    · un phénomène social ;
    · et un phénomène politique.

    La veille informationnelle devient alors le cadre dans lequel pourra s'organiser l'information stratégique de ces cinq aspects, tous vitaux pour les travailleuses et les travailleurs, autant que pour leurs organisations syndicales.

    Monique Fréchette

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