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Les clauses « orphelin » au QuébecSyndicalisme ménopausée ou passage d'une génération?(Extrait de la Chronique de l'Itinérant électronique du 27 août 1998 - par Monique Fréchette) Il y a de quoi être tout retourné à force d'entendre tous ces jeunes qui affirment être les orphelins d'un syndicalisme à deux vitesses. Pire, le marché du travail tout entier serait le bourreau d'une génération abandonnée. Le ventre fécond du syndicalisme des années 70 se serait-il asséché pour devenir une vieille fille repliée sur elle-même que dérangerait la fougue revendicatrice des jeunes? Sommes-nous vraiment coupables d'infanticide syndical ou ne serait-ce que saine opposition de la part d'une génération économiquement emmurée par une mondialisation perverse? Les faits sont là et ne peuvent être niés, les jeunes en ont plein le dos de leurs aînés ringards et ils le font savoir. L'hiver dernier, le député almatois, Stéphan Tremblay, faisait une sortie de siège, côté jardin, de la chambre des communes canadienne pour marquer son désaccord avec les politiques économiques qui handicapent, notamment, l'avenir des jeunes. Il y a deux semaines, le chef du Parti Démocratique du Québec, Mario Dumont, lançait le document « Rajeunir la fonction publique » dans lequel il pointait du doigt une fonction publique vieillissante qui ne ferait aucune place à la relève. Cette semaine, une nouvelle organisation « Force Jeunesse », un regroupement d'organismes jeunesses, voit le jour avec comme mandat, la défense des droits des jeunes travailleurs et travailleuses. L'une des principales revendications de ce nouveau regroupement porte sur les clauses "orphelins" pour lesquelles tant les syndicats, que le patronat, seraient complices d'un comportement de favoritisme envers une main-d'oeuvre déjà bien nantie au détriment des nouveaux arrivants. Aussi, les 18-30 ans sont les victimes majoritaires d'un marché du travail de plus en plus exigeant qui réclame des critères d'expérience et de diplômation toujours plus pointus et à moindre coût. Devant tant de portes closes, les jeunes réagissent et s'organisent en retrait des institutions patriarcales du syndicalisme, qui trop absorbées à endiguer la perte constante des acquis et les attaques patronales de démobilisation syndicale, sont peut-être malentendants d'une clientèle qui frappe à leur porte sans réponse. Cette génération montante se dit apolitique cependant, elle prône la défense des droits des opprimés et réclame une justice pour tous. Elle rejete aussi le syndicalisme cloisonné et fait ressortir l'importance de la responsabilité sociale des organisations de défense des travailleurs et des travailleuses. Devant les énormes défis que nous leurs laissons en héritage, peut-être réussiront-ils, malgré tout, à renommer le syndicalisme! À tout le moins, ils ont en leur possession des atouts majeurs dont leur force combative et leur frappante lucidité face à la situation présente. Habitants de la cité cybernétique, ils ont aussi, pour plusieurs, intégrés le multiculturalisme et leur horizon est sans frontière. Certains prétendront que leurs actions sont parfois naïves mais ciel! qu'est-ce que je donnerais pour qu'ils m'en redonnent un iota? Cette mobilisation qui peut sembler une mutinerie syndicale ne serait-elle, en fait, que la revendication légitime d'une génération au droit de passage à un monde meilleur? |