La taille de l'État a été parmi les sujets mis de l'avant par les partis politiques au cours de la semaine dernière dans le cadre des élections 2003.
Le chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dupont, a continué ses attaques envers les syndicats et a réaffirmé sa volonté d'éradiquer le «tablettage» dans la fonction publique québécoise.
Monsieur Dumont a aussi fait mention de ses intentions de faire appel à la sous-traitance, notamment, dans le secteur du transport.
De leur côté, le Parti Québécois (PQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) ont admis que le vieillissement de la main-d'oeuvre ayant pour conséquence les nombreuses retraites à venir dans la fonction publique devrait permettre d'atteindre les objectifs de réduction de la taille de l'État sans mise à pied.
Le PLQ a admis qu'il faut revoir le fonctionnement de l'État. Toutefois, il mentionne que le phénomène des retraites massives chez les fonctionnaires (44 % des fonctionnaires devraient prendre leur retraite d'ici 10 ans) inverserait la situation actuelle et qu'il faudra mettre en
place des mesures pour retenir les employés de l'État, dans quelques années.
L'Union des forces progressistes (UFP) a rappelé aux électeurs et aux électrices que les partis politiques n'avaient guère de réponse à donner concernant les fermetures d'usine au Québec et les responsabilités des entreprises.
Rappelons que l'UFP propose l'introduction de lois strictes visant à réglementer les licenciements et
les fermetures d'entreprises dont l'interdiction de fermetures et de
licenciements collectifs d'entreprises rentables ; la mise sur pied de plans
sociaux afin de sauvegarder les emplois ; l'obligation de créer, au sein des
entreprises, un fonds de protection contre les licenciements collectifs et
individuels, financé par les entreprises et géré par les employés et employées.
Les réactions syndicales
Réagissant aux propos de Mario Dumont, le président du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), Michel Sawyer, a déclaré « La petite
politique qui est faite sur le dos des fonctionnaires a pour effet de maintenir des préjugés. Quand le chef de l'ADQ sous-entend de façon récurrente
que la fonction publique est inefficace, il dit une fausseté et s'attaque directement à la fierté et à la dignité des fonctionnaires et ouvriers du
gouvernement du Québec ».
M. Sawyer a aussi indiqué: « Il est à se demander si le chef de l'ADQ
connaît la conséquence des gestes qu'il désire poser. Ouvrir la Loi sur la
Fonction publique afin d'abolir la sécurité d'emploi et modifier l'article 45
du Code du travail pour faciliter la sous-traitance, c'est certainement pas
chercher à maintenir l'équilibre qui existe actuellement dans le monde des
relations de travail. De bonnes relations ne passent pas par des affrontements
constants et des mesures rétrogrades dans le monde du travail ».
Pour sa part, réagissant à une « certaine » lecture de l'embauche d'employés par l'État au cours des douze derniers mois laissant croire que l'administration publique du Québec soit sur la pente de l'embonpoint après les années de régime d'amaigrissement forcé,
le président du Syndicat des professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Renald Desharnais, mentionne que comparer la taille des seuls gouvernements du Québec et de l'Ontario ne donne pas un juste portrait de la réalité.
« L'Institut Fraser, qu'on ne peut qualifier de complaisant envers le gouvernement actuel du Québec, concluait en novembre 2002 qu'il est abusif de parler d'hyperbureaucratie au Québec », souligne le président du SPGQ.
Certes le Québec compte légèrement plus de fonctionnaires que la moyenne canadienne, mais en même temps, l'Institut Fraser a constaté que le Québec s'est imposé un effort de compression supérieur à la moyenne canadienne de 1991 à 2001.
Par ailleurs, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a tenté d'organiser un débat portant sur des enjeux
économiques du Québec. Si Pauline Marois du PQ a accepté l'invitation, ses homologues des autres partis (Diane Bellemare pour l'ADQ et Yves Séguin pour la PLQ) ont, pour leur part, décliné l'invitation.
LA CSN a aussi mis en ligne son plan d'action et sa plate-forme électorale.
Finalement, la Centrale des syndicats du Québec
(CSQ) a dévoilé, le 25 mars dernier, les résultats d'une recherche exhaustive sur
les bons d'études, modèle préconisé notamment par l'ADQ et l'Institut économique de Montréal. Or, selon cette recherche
effectuée à la demande de la CSQ par le sociologue, chercheur en éducation et
professeur émérite de l'Université Laval, M. Antoine Baby, rien, absolument
rien ne prouve le succès du régime des bons d'études. « Qui plus est, de
déclarer la présidente de la CSQ, Mme Monique Richard, nous ne voyons pas en
quoi des projets-pilotes devraient même voir le jour au Québec tellement les
constatations sont évidentes. En fait, nos doutes quant à la pertinence et à
l'utilité des bons d'études se sont avérés fondés. »