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Élections au Québec - 2003
À consulter dans ces pages :

  • Positions des syndicats - 17 mars 2003
  • Le point de la semaine - 26 mars 2003
  • La revue de presse quotidienne
  • Chronique de l'Itinérant électronique - 11 avril 2003


  • Le 14 avril 2003, les citoyens et les citoyennes du Québec sont appelés à voter pour leur nouveau gouvernement. La santé, l'éducation, la conciliation travail/famille et la taille et le rôle de l'État sont parmi les grands dossiers abordés dans le cadre de cette élection. Je vous propose une revue des positions et des déclarations des partis politiques en regard des dossiers qui préoccupent les travailleurs et les travailleuses du Québec. Évidemment, les déclarations et les points de vue syndicaux sont à l'ordre du jour.

    par Monique Fréchette


    17 mars 2003

    Positions générales des syndicats

    Dans le cadre des élections 2003 au Québec, la lutte entre les partis politiques s'annonce très chaude. Les gains de popularité accumulés dans la dernière année par l'ADQ aura, à tout le moins, produit un effet de levier sur les « vieux » partis qui n'ont d'autres choix que d'avoir la coudée aussi franche, faute d'être aussi provocante, que leurs adversaires.

    Il est cependant déplorable de constater que la réforme du mode de scrutin tant souhaitée, réclamée et attendue depuis fort longtemps ne sera pas au rendez-vous encore cette fois-ci. Continuons d'espérer...

    Du point de vue syndicale, les grandes centrales syndicales du Québec ont clairement et à plusieurs reprises manifesté leurs oppositions au programme et aux déclarations du chef, Mario Dumont, de l'Action Démocratique du Québec (ADQ) (voir ci-dessous). Outre leur allergie chronique et compréhensible à l'ADQ, ils n'ont toutefois manifesté aucune position partisane face aux partis politiques en scène. Il n'y a donc pas eu, à ce jour, de ligne directrice de la part des syndicats en faveur d'un parti ou d'un autre.

    Il faut cependant souligner les quelques appuis syndicaux aux candidats de l'Union des forces progressistes (UFP), notamment le Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM-CSN) a voté un appui au Docteur Amir Khadir, candidat de l’UFP dans la circonscription de Mercier. L'UFP est un jeune parti de gauche en devenir. Celui-ci ne présente pour l'instant que quelques candidats aux élections 2003. Il représente tout de même une alternative aux autres partis dans les comtés où sont présents ses candidats.

    Depuis quelques jours, les grandes centrales syndicales du Québec ont fait connaître aux candidats et aux candidates aux élections 2003 leurs attentes prioritaires pour le prochain mandat du Gouvernement du Québec.

    Le 11 mars 2003, dans le cadre du Conseil confédéral de la CSN, la présidente Claudette Carbonneau a rappelé les attentes de la centrale syndicale. « Des crédits additionnels sont nécessaires pour soutenir le plan d’action sur la pauvreté, financer adéquatement les services publics, rencontrer les engagements en matière d’équité salariale, soutenir adéquatement la famille, assurer le développement de la main-d’œuvre et le respect des engagements pris au Rendez-vous des régions. »

    Pour sa part, la plate-forme électorale de la FTQ touche cinq grandes priorités : les relations du travail, la santé, l’éducation, l’économie et l’emploi, ainsi que la famille. Elle contient dix-huit revendications précises sur lesquelles nous solliciterons des engagements des partis, engagements dont nous allons informer nos membres avant le vote. »

    Les grandes lignes de la plate-forme électorale de la CSN qui ont été adoptées lors du dernier conseil national devraient être connues dans les jours qui viennent. Nous vous en ferons part à ce moment.

    Finalement, outre les grands thèmes de la campagne mis sur la table par les partis politiques, il est évident que les syndicats ne perdent pas de vue, le contexte des négociations collectives à venir dans l'ensemble de la fonction publique et les dossiers majeurs, telle que l'équité salariale, demeurés en suspend.

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    Syndicats : Levée de boucliers contre l'ADQ et vice-versa!

    Depuis plusieurs mois déjà, les syndicats du Québec se sont clairement opposés à l'ADQ. Et le chef de l'ADQ semble prendre un malin plaisir à tirer à boulets rouges sur les syndicats. Qu'ils s'agissent de la taille et du rôle de l'État, de la privatisation des soins de santé ou des bons d'études, rien ne semble vouloir rapprocher l'ADQ et les syndicats.

    Le 14 mars 2003, madame Claudette Carbonneau, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) a déclaré « Alors que s’amorce la campagne électorale au Québec, la Confédération des syndicats nationaux annonce qu’elle mobilisera ses membres en vue de contrer l’ADQ. Le programme de l’ADQ va à l’encontre des intérêts fondamentaux des classes populaires et des travailleuses et travailleurs. Bien qu’en repli dans les récents sondages, l’ADQ demeure un joueur majeur dans la présente campagne électorale. L’élection d’un gouvernement ADQ provoquerait un virage à droite significatif de la société québécoise ».

    De plus, la CSN encourage tous ses membres à aller voter. Madame Carbonneau ajoute « Le principal danger de cette élection à trois, qui s’annonce serrée, serait un taux d’abstention élevé. La campagne s’ouvre dans un climat où les électeurs sont très critiques. La première tentation qui peut survenir est celle de ne pas aller voter, poursuit la présidente de la CSN. Or, le taux de participation peut faire la différence entre un gouvernement qui fait progresser le Québec et un gouvernement qui va pourfendre l’existence des syndicats, faire reculer le Code du travail, concevoir un système de santé et d’éducation à deux vitesses, etc. »

    Pour sa part, après s'être affichés à plusieurs reprises dans les derniers mois contre le programme de l'ADQ, le 9 mars dernier, le président de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), monsieur Henri Massé, et le secrétaire général, monsieur René Roy, ont lancé un appel pressant aux 500 000 membres de la centrale afin qu’ils fassent barrage à l’ADQ lors des prochaines élections.

    La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a mis en relief la question du remboursement de la dette que l'ADQ prône énergiquement dans sa campagne électorale. Selon Pierre Beaulne, économiste à la CSQ, qui a publié une étude sur le sujet de la dette publique, dans le contexte économique actuelle, le remboursement de la dette ne devrait pas inquiéter la population et ne demanderait pas, contrairement à ce qu'affirme l'ADQ, d'effort supplémentaire des citoyens et des citoyennes. De plus, affirme monsieur Beaulne, la croissance économique et les faibles taux d’intérêt font déjà plus pour réduire le poids de la dette que n’importe quelle contribution financière directe. Et pour avoir un impact sensible, les contributions directes devraient être substantielles. Cela se ferait nécessairement au détriment d’autres priorités sociales, sans gain appréciable.

    Devant les intentions de l'ADQ de favoriser la privatisation et la sous-traitance, les syndicats de la fonction publique, tels que le SFPQ et le SPGQ, ont à maintes reprises ouvertement manifesté leur désaccord avec les propositions de l'ADQ concernant la diminution de la taille et du rôle de l'État.

    D'autre part, Mario Dumont, chef de l'ADQ, semble se plaire à provoquer les syndicats, comme il l'a encore fait dimanche dernier devant les locaux de la Caisse de dépôt, en utilisant continuellement le terme « establishment syndical ». Le chef de l'ADQ faisait alors allusion au fait qu'en dépit des rendements plus que décevants enregistrés à la caisse du Régime de retraite des employés du gouvernement et des organismes publics (RREGOP) en 2002, les cinq organisations syndicales ont réitéré leur confiance en la direction actuelle de la Caisse de dépôt et placement du Québec et ont appuyé la série de mesures mises en place pour une meilleure gestion de la Caisse.

    Réagissant aux continuelles agressions du chef de l'ADQ envers les syndicats, le président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), Renald Desharnais, a déclaré qu'il trouve déplorable l'attitude de l'ADQ qui en remet sur le soi-disant lobby syndical. Le président du SPGQ se dit inquiet de l'attitude anti-syndicale d'un parti politique qui verse trop facilement dans la démagogie pour tenter de se faire élire. « Nous sommes élus par nos membres pour les représenter. Je peux difficilement imaginer que des dirigeants syndicaux aillent à l'encontre de la volonté de leurs membres lorsqu'ils se présentent devant l'employeur, que celui-ci soit le gouvernement, un organisme public ou une entreprise privée. Nous sommes loin de la définition du mot establishment, » a affirmé Renald Desharnais.

    De plus, le vice-président de la CSN, Louis Roy, a rappellé à Mario Dumont que les organisations syndicales n’ont failli d’aucune manière à leur responsabilité première qui est de défendre les intérêts des membres qu’elles représentent, particulièrement en ce qui a trait à la Caisse de dépôt et placement. La valeur des actifs appartenant aux salarié-es des secteurs public et parapublic atteint près de 30 milliards de dollars pour le seul régime de retraite des employé-es du gouvernement et des organismes publics (RREGOP).

    Le vice-président de la CSN a déclaré être étonné que le chef de l’ADQ conclut que les organisations syndicales ne défendent pas les intérêts des travailleuses et des travailleurs. « Si le mot d’ordre de la CSN au cours de cette campagne électorale est de recommander à ses membres de ne pas voter ADQ dans aucune des 125 circonscriptions du Québec, c’est précisément parce que nous croyons que le programme politique porté par l’ADQ va à l’encontre des intérêts des travailleuses et travailleurs, à l’encontre de l’intérêt de la population du Québec et à l’encontre du bien commun. » de conclure monsieur Roy.

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    Conciliation travail/famille

    Propositions des partis politiques

    L'une des cartes maîtresses du Parti Québécois (PQ) dans le cadre de sa campagne électorale est la conciliation travail/famille. Selon le programme du PQ, cette conciliation s’articule autour de cinq grandes priorités : plus de temps pour les familles; de meilleurs congés parentaux; des garderies avec plus de places, plus d’heures et plus de flexibilité; un horaire scolaire harmonisé à celui des parents; et la valorisation de la solidarité entre les générations. Parmi les diverses mesures proposées par le PQ, la semaine de quatre jours pour les parents de jeunes enfants attirent particulièrement l'attention.

    Comme je le mentionnais dans la chronique du 8 février dernier, la proposition de la semaine de quatre jours pour les parents de jeunes enfants, qui faisait suite au Conseil national du 1er et 2 février dernier, n'a pas été chaudement reçu par les organisations du travail. Toutefois, cette semaine, le Parti Québécois semble vouloir apporter un peu plus de souplesse (voire un élargissement) à la notion de réduction du temps de travail pour les parents.

    D'autre part, dans son programme, le Parti Libéral du Québec (PLQ) dit vouloir procéder à une révision majeure des programmes de soutien aux travailleurs à faible revenu parmi lesquels se retrouvent beaucoup de mères monoparentales. Il indique aussi son désir de réviser les programmes de formation et d’aide à l’emploi de manière à favoriser le retour sur le marché du travail et la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle.

    Il est à noter aussi que, dans sa plate-forme politique, l'Union des forces progressistes (UFP) propose l'instauration immédiate de la semaine de travail à 35 heures, tendant vers 32 heures à court terme, sans baisse de revenu et avec une création d'emplois compensatoires. Il propose aussi l'instauration de mesures de conciliation famille/travail sans pénalité à la retraite.

    Réactions des syndicats

    Le 13 mars 2003, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a déclaré qu'elle considère que les mesures de la conciliation travail-famille constituent un choix de société qui doit être réalisé correctement en prenant le temps nécessaire et en mettant à contribution les syndicats et les employeurs.

    La présidente de la CSQ précise « Il faut absolument éviter que de belles idées comme la conciliation travail-famille, s'appliquant notamment par la réduction de 20 % de la semaine de travail, ne deviennent matière à foire d'empoigne dans les milieux. Le phénomène démographique est bel et bien existant et il faut que les mesures élaborées répondent particulièrement à trois éléments : un besoin social, une recherche du plein emploi et une place à assurer aux jeunes dans les milieux de travail. Cela signifie, dans certains milieux, revoir certaines organisations du travail et diminuer voire cesser la précarité des emplois des jeunes. »

    De son côté, la FTQ nous rappelle le travail déjà amorcé depuis plusieurs années pour la mise en place d’un régime québécois d’assurance parentale qui aurait une portée beaucoup plus large que les congés parentaux aux jeunes familles.

    La loi instituant un régime québécois d’assurance parentale vise à accorder un congé parental à toutes les personnes qui travaillent et pas seulement à celles qui sont admissibles à l’assurance-emploi; elle prévoit aussi un remplacement plus généreux du revenu. « Cette loi a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale du Québec. C’est donc dire que tous les partis politiques sont censés présenter à peu près les mêmes promesses à ce sujet.  » ajoute la FTQ. La cause est actuellement devant les tribunaux, le gouvernement québécois ayant intenté des poursuites contre le gouvernement fédéral qui refuse de transférer au Québec les fonds prévus de l’assurance-emploi. En attendant, précise la FTQ, il nous faut des mesures transitoires afin que tous et toutes aient droit à un congé parental, quel que soit le nombre d’heures travaillées ou le statut d’emploi. La durée et le niveau des prestations seraient alors identiques à ceux du régime fédéral actuel.

    Vous pouvez aussi prendre connaissance sur le site Web du Syndicat des professionnels et professionnelles du Gouvernement du Québec (SPGQ) d'un dossier spécial sur le conciliation travail/famille.

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    La taille et le rôle de l'État

    Positions des partis

    Le dépôt du dernier budget péquiste annonçait des compressions de 400 millions $ dans la fonction publique. De plus, monsieur Bernard Landry a précisé, le 16 mars dernier, devant les journalistes que les nombreux départs à la retraite permettraient une attrition du nombre de fonctionnaires sans avoir à faire de mises à pied. On peut donc, à tout le moins, y voir une intention de réduire la taille de l'État.

    De son côté, le PLQ fait mention dans son programme de son intention de réorganiser l'administration publique en fonction du vieillissement de sa main-d'oeuvre et des besoins de la population québécoises. Il mentionne aussi son intention de revaloriser le travail des ressources humaines gouvernementales. Le PLQ ajoute « Un gouvernement du Parti libéral du Québec associera les employés de la fonction publique à ses décisions en favorisant le développement des compétences et l’accomplissement personnel et professionnel. »

    La position de l'ADQ quant à la réduction de la taille et du rôle de l'État a été affichée par son chef, Mario Dumont, depuis de long mois. Le programme de l'ADQ prône essentiellement la réduction, la privatisation et la déréglementation de la fonction publique. Les discours incendiaires de monsieur Dumont qui remettent en cause la compétence et la légitimité des fonctionnaires a provoqué de nombreuses réactions et l'indignation des chefs syndicaux.

    Réactions syndicales

    Réagissant au dévoilement de la plate-forme électorale de l’ADQ, le président général du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), monsieur Michel Sawyer, a dit constater encore une fois la volonté de l’ADQ de céder à l’entreprise privée une part importante des services publics dispensés par l’État. « Cette vision anti-étatique aurait de lourdes conséquences pour la population, notamment pour les plus démunis, puisque l’intervention de l’État vise essentiellement à bâtir une société plus égalitaire et solidaire. L’ADQ nous propose plutôt une société individualiste où les mieux nantis pourront tirer leur épingle du jeu, alors que les plus vulnérables seront laissés à eux-mêmes » de préciser monsieur Sawyer.

    Par ailleurs, suite au budget du PQ dévoilé le 12 mars dernier et annonçant des compressions de 400 millions $ dans la fonction publique, Michel Sawyer, déclarait « Plusieurs des mesures annoncées sont en soi intéressantes, qu’il s’agisse du logement social, de la conciliation famille-travail, des congés parentaux, de la lutte contre la pauvreté ou bien de la SÉPAQ qui bénéficiera de sommes additionnelles pour revaloriser le réseau de parcs nationaux et des réserves fauniques. Mais en exigeant que ces investissements se réalisent à même des compressions dans les autres ministères, la ministre s’apprête à déshabiller Jacques pour habiller Pierre, ce qui ne sera pas sans effet sur les services publics. En outre, une telle approche de réallocation budgétaire permet de s’interroger sur la volonté réelle du gouvernement de renouveler la fonction publique, alors que plus de 12 000 fonctionnaires que nous représentons quitteront d’ici 2010 ».

    Pour sa part, le 10 mars dernier, le président du Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ), monsieur Renald Desharnais, a fait connaître l'apport, pour la population de Québec, de l'expertise professionnelle de ses membres. À la veille de la campagne électorale québécoise, il a aussi fait part de ses inquiétudes suscitées par les propos de certains leaders politiques et faiseurs d'opinions quant au rôle des employés de l'État.

    Le dernier numéro d'Enjeux du SPGQ traite en profondeur de la question de la sous-traitance au Gouvernement du Québec

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    Responsabilités des entreprises

    L'année 2002 a été marquée sur la scène international par les scandales financiers de l'entreprise privée. Au Québec, des fermetures d'usines, telles que GM Boisbriand, les mines de Murdochville et d'Asbestos, ainsi que des conflits de travail et des stratégies d'entreprise qui menacent les emplois comme les travailleurs des mines de la Noranda, sans oublier les travailleurs de Cargill à Baie-Comeau, mettent sur la table la question de la responsabilité des entreprises. Malheureusement, au Québec, l'entreprise privée peut plier bagages sans autre cérémonie et laisser des populations entières se débattre seules avec les lourdes conséquences économiques de leur départ.

    Le seul parti qui semble réellement préoccupé par cette importante question est l'Union des forces progressistes (UFP). Celui-ci propose, dans sa plate-forme politique, l'introduction de lois strictes visant à réglementer les licenciements et les fermetures d'entreprises dont l'interdiction de fermetures et de licenciements collectifs d'entreprises rentables ; mise sur pied de plans sociaux afin de sauvegarder les emplois ; obligation de créer, au sein des entreprises, un fonds de protection contre les licenciements collectifs et individuels, financé par les entreprises et géré par les employés et employées.

    Alors que l'ADQ parle avant tout de déréglementation et de libéralisation pour l'entreprises privée, le PLQ, pour sa part, fait une mince ouverture dans son programme à propos de la responsabilité des entreprises en proposant de renforcer la surveillance des entreprises pour protéger les investisseurs et les communautés.

    Du côté syndicale, dans le cadre de sa plate-forme électorale, la FTQ réclame, pour sa part, une loi sur les fermetures d’entreprises et les licenciements collectifs, incluant des mécanismes de formation et de recyclage de la main-d’œuvre.

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    Éducation

    Les bons d'études au parents

    Dans le secteur de l'éducation, c'est encore l'ADQ qui attire l'attention et fait réagir le milieu syndical. Le programme de l’ADQ stipule que « la mise en place d’un régime de bons d’étude (ou school vouchers) en vertu duquel chaque parent recevra un bon correspondant à la subvention gouvernementale accordée pour leur enfant. Les parents auront alors la liberté de choisir, tout comme les garderies avec les bons de garde, à quelle école primaire ou secondaire, publique ou privée, de leur quartier ou d’un autre, avec un projet pédagogique particulier ou non, ils inscriront leur enfant... »

    Selon la FTQ, cette proposition de l’ADQ ne peut que mener à un démantèlement pur et simple du système public d’éducation tel qu’on le connaît aujourd’hui. Des écoles publiques seraient littéralement saignées au profit d’écoles privées dans certains quartiers plus favorisés. Ailleurs, on assisterait à une certaine forme de ghettoïsation des écoles : dans le milieu urbain et dans les quartiers les plus pauvres comme Hochelaga ou le Sud-Ouest à Montréal, mais aussi dans les écoles de village, en Abitibi, en Gaspésie, sur la Côte-Nord, etc.

    De plus, dans sa plate-forme électorale, la FTQ demande un financement adéquat du système public d’éducation et des moyens éprouvés pour lutter contre le décrochage scolaire.

    Le 12 mars 2003, la CSQ, qui défend depuis toujours le système public d'éducation, a lancé le volet public de sa campagne biennale en faveur de l’éducation publique. « Ce volet s’ajoute au volet interne déjà en marche dans nos rangs depuis septembre dernier. La campagne électorale qui se met officiellement en branle nous offre l’opportunité de questionner les candidates et candidats partout au Québec sur l’importance qu’ils accordent à l’éducation publique et sur les engagements qu’ils comptent prendre à cet égard », explique la présidente de la CSQ, Mme Monique Richard.

    On peut aussi prendre connaissance dans le récent numéro de Nouvelles CSQ d'un article intitulé « Les bons d'études : l'Institut économique de Montréal éclaire l'ADQ ».

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    Santé

    Quoique le PQ ait fait l'annonce d'investissements majeurs dans la santé avant le déclenchement des élections, en mettant à l'avant-scène le dossier de la conciliation travail/famille dans le cadre de sa campagne électorale, le PQ semble balayer sous le tapis le débat et la confirmation d'engagements clairs et attendus envers les énormes problèmes du réseau de la santé au Québec.

    Il est à noter que le PLQ, qui misait tout d'abord sa campagne électoral sur les besoins en santé, mentionne dans son programme qu'il entend recentrer la travail de chaque personne sur les services aux patients. Il entend aussi permettre aux infirmiers et aux infirmières de poser certains actes médicaux.

    La position de l'ADQ est, ici aussi, connue de longue date et vise essentiellement la privatisation des soins de santé sous le prétexte de la liberté individuelle.

    Dans le dossier de la santé, la centrale syndicale FTQ réclame une loi québécoise enchâssant les principes d’accessibilité, d’universalité, d’intégralité, de transférabilité, d’imputabilité et de gestion publique du système de santé et de services sociaux, ainsi qu’un financement public adéquat permettant de traduire ces principes dans la réalité quotidienne des usagers.

    De plus, la FTQ précise qu'il faut bien faire la distinction entre un financement privé des services et un financement public de services dispensés par le privé. La FTQ s’oppose vigoureusement au financement privé qui est l’assise même d’un système de santé à deux vitesses, l’une pour ceux qui ont les moyens de payer et l’autre pour les plus démunis.

    La CSQ nous propose le Guide électoral de la Coalition Solidarité Santé sous le titre « Le droit à la santé, c'est public ! ». La Coalition s'oppose fermement à toute forme de marchandisation des services sociaux et de santé, à toute privatisation active ou passive du système québécois de santé et à toute mesure qui aurait pour effet d'instaurer un système à deux vitesses .

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