Journée internationale de la femme
Cette année, la Journée internationale de la femme coïncide avec deux événements internationaux majeurs.
Tout d'abord, à New-York se tient la 49e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies qui célèbre le 10e anniversaire (Beijing+10) de la Conférence mondiale des femmes qui s'est tenu à Beijing en 1995.
La Marche mondiale des femmes de 2005 procède, pour sa part, au lancement de sa Charte mondiale des femmes pour l’humanité.
Les représentantes des organisations syndicales de nombreux pays participent à ces deux importants rendez-vous pour la défense des droits des femmes.
49e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies
Des femmes syndicalistes du monde entier sont présentes en grand nombre à la 49e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW49) dont les travaux ont débuté à New York le 28 février dernier et se déroule jusqu'au 11 mars 2005.
La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a fait savoir que des milliers de représentant-es de la société civile, dont une forte délégation syndicale réunissant une cinquantaine de personnes, des ministres de différents gouvernements et des délégués de haut rang de plus de cent pays discuteront des questions les plus brûlantes qui touchent les femmes de toutes les régions du monde, et examineront les progrès faits dans la réalisation des objectifs fixés lors de la quatrième Conférence mondiale des femmes à Beijing en 1995.
La question des femmes et l’économie est en point de mire à la CSW49. La délégation de Global Unions – qui regroupe les fédérations internationales affiliées à la CISL – entend exprimer ses préoccupations face aux maigres résultats dans la réalisation des objectifs d’égalité de genre au travail. Les femmes syndicalistes continuent à réclamer des politiques qui encouragent la croissance de l’emploi, dans des conditions de travail décent, de protection sociale et de respect des droits fondamentaux des travailleurs.
L'éducation : une priorité pour les filles
L'Internationale de l'Éducation (IE), qui participe à la CSW49, appelle ses organisations membres et ses partenaires à veiller à ce que l'évaluation Beijing+10 n'aille pas de pair avec une dilution des engagements internationaux en faveur des droits des femmes.
L'IE mentionne que le risque existe que certains droits entre autres en matière d'égalité, d'émancipation, de sexualité, soient remis en cause.
L'IE constate que des gouvernements néo-conservateurs et des groupes religieux sont désireux de « renvoyer les femmes dans leur foyer. »
L'IE ajoute que cette conception a une conséquence directe sur l'éducation : les filles n'ont pas toujours la chance d'aller à l'école, ou si elles y vont, elles n'y restent pas toujours. Le taux de déscolarisation est très supérieur chez les filles parce que les communautés et les familles ne sont pas toujours convaincues de la « rentabilité » de scolariser les filles, parce que les filles doivent s'occuper du foyer quand les parents sont malades (la pandémie de sida a un impact sur le décrochage scolaire des filles).
« Éduquer les filles les rend libres, et cette autonomie, ce pouvoir que les femmes obtiennent, fait peur à certains », note Marta Scarpato, coordinatrice des droits humains et syndicaux à l'IE et membre de la délégation de l'IE à l'ONU.
Lors de l'évaluation Beijing+10 à la CSW49, l'IE, ses affiliées et ses partenaires demanderont aux gouvernements de garantir:
- Financement adéquat de services publics d'éducation de qualité
- Égalité d'accès à l'éducation pour les filles et les garçons
- Mise en place de politiques éducatives inclusives
- Développement de programmes d'éducation sur les droits humains
- Accès pour les garçons et les filles à des cours d'éducation sexuelle sur la reproduction et la prévention du VIH/SIDA.
Participation canadienne et québécoise
Au Québec, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), une affiliée de l'IE, participe à la CSW49.
Ailleurs au Canada, une délégation de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants
(FCE), affiliée de l'IE, comprenant des personnes représentant la
Fédération des enseignantes et des enseignants de l'Ontario, la Fédération des
enseignantes et des enseignants de l'élémentaire de l'Ontario, l'Alberta
Teachers' Association et la Fédération des enseignantes et enseignants de la
Colombie-Britannique est aussi présente à la CSW49.
Campagne d’envoi de cartes postales
À l’occasion du 8 mars 2005, l’Internationale des services publics (ISP) lance une campagne d’envoi de cartes postales sur le thème « Agissons maintenant ! »
L’ISP fait valoir qu’il n’y a pas d’égalité sans services publics et que les femmes doivent avoir accès aux soins de santé, aux services de santé reproductive, aux services d’accueil des enfants, aux soins de proximité, à l’éducation et aux services essentiels comme l’eau et l’électricité.
L’ISP assiste également à la 49e session de la Commission de la condition de la femme des Nations Unies pour faire le bilan, 10 ans plus tard, du Programme d’action de Beijing.
Lancement de la Charte des femmes pour l'humanité
La Journée internationale des femmes coïncide cette année avec le début
de la Marche mondiale des femmes 2005. Des dizaines de milliers de femmes seront réunies
au Brésil pour le lancement de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité, qui entreprend un tour
du monde. Cette Charte est basée sur cinq grandes valeurs : l’égalité, la solidarité, la justice, la liberté et
la paix. Un peu partout, des marches, auxquelles participent les organisations syndicales, sont organisées dans le cadre de la Marche mondiale des femmes.
En Belgique, où l'on célèbre le centenaire du Conseil des femmes, la Fédération générale du travail de Belgique FGTB participe à la marche à relais organisée du 4 au 13 mars. La FGTB sera également présente les 28 et 29 mai à Marseille où sera remise à l'Europe la charte des femmes pour l'humanité.
À Montréal au Québec, se tiendra un rassemblement conviant les femmes de tous les milieux : militantes,
travailleuses, syndicalistes et groupes de femmes. Une série d’actions locales et régionales sont également
prévues. En outre, devant l’Assemblée nationale, à Québec, les revendications québécoises liées à la Charte seront dévoilées au cours
d’une conférence de presse.
Festival international de films organisé par l'OIT
Cette année, l'Organisation internationale du Travail (OIT) célèbre la Journée internationale de la femme en organisant une table ronde ainsi qu'un festival de films ayant pour thème les réalisatrices de cinéma. L'OIT réitère ainsi son engagement envers l'égalité des genres et l'amélioration de la situation du travail des femmes dans le monde.
Le festival de films a lieu du 4 au 10 mars, au CAC Voltaire à Genève.
En hommage aux réalisatrices de cinéma, un domaine dans lequel les femmes qui réussissent sont encore rares, le deuxième Festival international de films organisé par l'OIT proposera des long-métrages du monde entier réalisés par des femmes. Leur travail sensibilise en effet très souvent le public à des problèmes sociaux qui passeraient sans cela inaperçus.
Femmes syndicalistes en Palestine : une lutte sur tous les fronts
Dans le dernier numéro de son magazine Monde syndical,
la CISL a mis en ligne un dossier sur le vécu difficile des femmes palestiniennes.
Ce document nous présente le témoignage de syndicalistes palestiniennes qui expliquent comment elles se battent pour innover, pour contrer la résistance des hommes, le manque de disponibilité et d’information des femmes, le manque de moyens, elles témoignent de leur volonté de développer des stratégies alternatives originales.
Malgré un niveau élevé d’instruction, les femmes palestiniennes restent marginalisées sur le marché du travail. Dans un contexte de chômage massif et de boom des emplois précaires et sous-payés, elles sont pourtant les principales victimes de la crise et jouent un rôle essentiel dans les stratégies de survie des familles et des communautés.
« Parce qu’elles sont les premières à perdre leur emploi, les femmes acceptent des conditions de travail déplorables. Mais comment les défendre alors qu’elles ne sont pas considérées comme de véritables travailleuses par la loi ? », explique Abla Masrujeh coordinatrice des femmes de la PGFTU, la centrale syndicale palestinienne affiliée à la CISL.
Dans la foulée de la mission de solidarité menée sur le terrain par le comité des femmes de la CISL, ces témoignages éclairent la lutte quotidienne des femmes syndicalistes
palestiniennes. Menée entre les 11 et les 14 janvier 2004 en Israël et en Palestine, la mission de solidarité du Comité des femmes de la CISL
s’inscrivait dans la continuité des efforts menés par la CISL pour aider à relancer et soutenir les syndicats palestiniens et israéliens
dans leurs efforts en faveur du dialogue et de la coopération. Porteuse d’un message de solidarité et de fraternité au nom de l’ensemble
du comité des femmes de la CISL, la délégation, composée de six femmes et présidée par Helen Creed (Australie) a exprimé
ardemment le vœux que les femmes syndicalistes des deux parties en conflit puissent jouer un rôle pour faire avancer la cause
de la paix.
Rencontre avec des femmes syndicalistes
La CMT et la CISL ont mis en ligne récemment des entrevues réalisées avec des femmes syndicalistes provenant de diverses régions du monde.
Des femmes qui luttent avec beaucoup de courage pour la reconnaissance des droits des travailleurs et des travailleuses dans leur pays.
Je vous invite à faire connaissance avec quatre d'entre elles :
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| BrésilRoseanne Gabrienowski est coordinatrice du Département des femmes de la
CAT - Central Autonoma de Trabalhadores, une organisation affiliée à la CMT au
Brésil - et vice-présidente d'un syndicat de travailleurs du textile. La CMT a réalisé une entrevue avec elle lors de la formation de cadres syndicaux
organisée par la CMT et l'IEOI à Ter Nood (Bruxelles) du 17 février au 11 mars 2005. >>>
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HondurasEvangelina Argueta vient du Honduras. Elle représente de la CGT « Central
General de Trabajadores » - l'organisation affiliée de la CMT au Honduras.
Elle coordonne le projet d'organisation des travailleurs des « maquilas »
- cette notion est aujourd'hui associée au processus d'assemblage de
composants importés et à l'exportation des produits finis. >>>
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| YémenHakima Ahmad Al-Rekhemi, 32 ans, est assistante médicale, spécialisée comme aide sage-femme. Travaillant à la fois dans un service de santé public, et dans une clinique privée, elle est responsable de la section des femmes de son syndicat, basé à Thama (à une centaine de kilomètres au sud de Sanaa). Pour lutter contre la pauvreté et pour l’émancipation des femmes, elle souligne l’importance des programmes syndicaux d’éducation des femmes. >>>
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Algérie
Membre du directoire de la Wilaya de Chlef, à 200 km d’Alger, Souad Charid est présidente du comité des femmes de cette Wilaya et membre de la Commission nationale des femmes travailleuses de l’UGTA.
Dans le cadre de la campagne internationale lancée par la CISL « Les syndicats pour les femmes - les femmes pour les syndicats », la centrale syndicale algérienne UGTA a lancé une campagne de syndicalisation des femmes à l’échelle nationale, avec pour groupe cible prioritaire le secteur textile. Liée à cette campagne d’organisation, l’UGTA mène également campagne contre le harcèlement sexuel, comme nous l’explique Souad Charit (UGTA). >>>
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