L'apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) sème beaucoup d'inquiétude au Canada et dans les pays asiatiques.
Plusieurs groupes de personnel sont particulièrement exposés à contracter le virus dans le domaine de la santé, du transport, des services publics et de l'hôtellerie.
Par ailleurs, des effets dévastateurs commencent à se faire sentir sur le plan économique, notamment, en Ontario au Canada où le SRAS a déjà fait plusieurs victimes et a entraîné un grand nombre d'annulation de voyage de la part des visiteurs étrangers.
Les syndicats ne sont pas restés indifférents aux inquiétudes des travailleuses et des travailleurs tant sur le plan national qu'international.
En plus d'intervenir auprès du gouvernement canadien pour assurer la protection économique des salariés touchés par les baisses d'emploi dû au SRAS,
les syndicats canadiens ont émis plusieurs bulletins d'information à leurs membres sur les dangers du SRAS et les mesures de prévention.
Sur le plan international, la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF) a communiqué des directives de sécurité à ses membres.
L'ITF a, notamment, publié des conseils de prévention pour éviter la propagation de la maladie, ainsi que des liens vers des sources d'informations supplémentaires.
De plus, David Cockroft, secrétaire général de l'ITF, a exhorté les syndicats et les employeurs à examiner les mesures de précaution adéquates qu'ils pourraient prendre de concert.
Monsieur Cockroft a déclaré « Même si les personnes touchées par la pneumonie atypique restent relativement peu nombreuses à ce jour, la maladie a été exportée de sa région d'origine par des voyageurs infectés et le transport aérien a été impliqué dans quelques cas de transmissions. Celle-ci concerne donc tous les usagers des transports. »
« Nous insistons pour que tout employé soit autorisé, s'il le souhaite, à porter un masque et des gants. Quiconque est susceptible de devoir porter secours à une personne infectée doit disposer de l'équipement de protection adéquat (masque N95, gants jetables, lunettes ou écran facial de protection) » a ajouté le secrétaire général de l'ITF.
Au Canada, compte tenu des inquiétudes croissantes au sujet de la
transmission du SRAS, le Syndicat des travailleurs et des travailleuses des postes (STTP) a publié des documents d'information pour ses membres et a adopté un certain nombre de
mesures pour faire face à cette question de santé. De plus, le STTP a demandé à
l’employeur de prendre toutes les précautions jugées raisonnables, y
compris celle d’accorder un soutien aux comités locaux mixtes de santé et de
sécurité pour qu’ils prennent des mesures préventives pour empêcher la propagation de cette maladie.
Des initiatives semblables ont aussi été prises par l'Alliance de la fonction publique du Canada (AFPC) et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (AIIO).
Le ministère du travail de l'Ontario a mis en ligne des fiches d'information sur le SRAS et le milieu de travail.
Aussi, le gouvernement du Canada a apporté des modifications le Règlement sur l'assurance-emploi relativement aux prestations de maladie pour les personnes pouvant être atteintes du SRAS.
Les modifications ont pour effet d'annuler le délai de carence de deux semaines dans le cas des personnes pouvant être atteintes du SRAS. En outre, ces personnes ne seront pas tenues de produire un certificat médical si elles sont mises en quarantaine (d'une durée actuelle de 10 jours).
Le règlement modifié s'applique à toutes les demandes de prestations de maladie reliées au SRAS lorsqu'un représentant de la santé publique a imposé ou recommandé une période de quarantaine ou encore lorsqu'un employeur, un médecin, un infirmier ou une autre personne ayant autorité demande au prestataire d'observer une quarantaine.
Le 26 avril, le Congrès du travail du Canada (CTC) a réclamé un sommet national d'urgence à Toronto de dirigeants des gouvernements, du monde syndical, des milieux d'affaires et des organisations communautaires, pour s'occuper des conséquences sociales et économiques de l'apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
Dans une lettre au Premier Ministre Chrétien, Ken Georgetti, président du CTC, relate les épreuves subies par les travailleurs et travailleuses des secteurs de l'hôtellerie, des loisirs, du tourisme et des transports, et les difficultés attendues des étudiants qui chercheront des emplois d'été dans ces secteurs.
« Les économistes prédisent une perte de milliards de dollars dans le domaine des produits et services et une perte correspondante de revenus et de profits d'ici la fin de l'année.
Je crois que le gouvernement du Canada doit prendre les devants pour montrer que nous avons confiance en l'aptitude de notre pays à régler ce problème. À l'heure actuelle, le fardeau est rejeté en grande partie sur le dos de ceux qui sont les moins en mesure de l'assumer. Nous devons trouver des solutions et montrer aux Canadiens et Canadiennes et au monde entier que le Canada est un pays intéressant qui ne pose pas de danger pour la sécurité et la santé. » a ajouté monsieur Georgetti.
Jane Stewart, ministre du Développement des ressources humaines, a annoncé le 29 avril 2003 le versement d'une contribution de 1 455 000 $ pour appuyer l'industrie du tourisme au Canada.
Madame Stewart a déclaré aux médias « Cette contribution sera versée au Conseil canadien des ressources humaines en tourisme pour que l'industrie du tourisme puisse surmonter les obstacles auxquels elle est confrontée et tirer profit des nouvelles possibilités. »
Finalement, pour avoir les plus récents développements dans ce dossier, je vous suggère de consulter régulièrement notre encadré dans la Salle de presse.