Au grand désespoir de plusieurs, la guerre en Irak a finalement été déclenchée par les États-Unis et ses alliés britanniques.
Le président Bush est demeuré totalement sourd aux appels des millions de manifestants à travers le monde.
Heureusement, ces derniers n'ont pas baissé les bras et continuent de réclamer la paix.
Les syndicats ont réitéré leur position pacifiste par de nombreuses déclarations.
Ils ont massivement incité leurs membres à participer aux manifestations et aux actions pour la paix.
Le groupement des syndicats internationaux «Global Unions» a déploré la décision inacceptable et injustifiée d’entrer en guerre.
Global Unions admet que, pendant des années, la dictature en Irak a défié les Nations Unies et l’opinion mondiale en violant les droits humains de sa population et en entreprenant des actions belliqueuses contre d’autres peuples.
Global Unions a déclaré « Rares sont ceux qui pourraient regretter la fin de ce régime brutal. »
Par ailleurs, le groupement «Global Unions» déplore le recours à la force au détriment de l’utilisation des processus légitimes de l’ONU, à une période de l’histoire où le rôle des Nations Unies et du système multilatéral est toujours aussi nécessaire pour garantir à l’échelle mondiale la paix, la sécurité, les droits humains et le développement économique.
Global Unions ajoute « Les nations doivent oeuvrer à éviter et à résoudre les conflits par la voie diplomatique et en conformité avec le droit international et les principes inscrits dans la Charte des Nations Unies. Les gouvernements doivent maintenant entreprendre une action visant à restaurer de toute urgence l’engagement envers les Nations Unies ».
De nombreux syndicats demandent une cessation immédiate des hostilités, le groupement «Global Unions» partage ces préoccupations et soutient toutes les manifestations légitimes et pacifiques entreprises par des syndicats pour s’opposer à la décision d’entrer en guerre.
Au Canada, le Gouvernement canadien s'est finalement rangé du côté des Français, des Allemands et des Russes.
Pour Ken Georgetti, président du Congrès du travail du Canada (CTC) « Le
mouvement syndical applaudit la décision fondée sur des principes qu'a prise le premier ministre Jean Chrétien en
refusant de participer à cette guerre. Il a été sensible aux souhaits de centaines de milliers de familles travailleuses qui
sont descendues dans les rues au cours des jours les plus froids d'un hiver particulièrement rigoureux. »
Le Congrès du travail du Canada invite tous les travailleurs et travailleuses du pays, syndiqués ou non, à prendre une action pour la paix dans les jours qui viennent
en envoyant un fax à votre député ou députée, pour dire au gouvernement que vous êtes contre la guerre en Irak et que vous appuierez les mesures pour la paix.
Au Québec, les groupes syndicaux ont uni leur voix à celle du Collectif Échec à la Guerre et ont participé aux manifestations qui ont regroupés près de 200 000 personnes dans les rues de Montréal, la fin de semaine dernière . De plus, les dirigeantes et dirigeants syndicaux ont lancé un appel pressant aux membres en vue de soutenir les efforts de la Croix-Rouge en Irak et dans les pays voisins.
Finalement, les centrales syndicales ont invité leurs membres et l'ensemble de la population du Québec à contribuer au Fonds URGENCE-IRAK mis sur pied par Oxfam-Québec.
En Europe, les grandes manifestations organisées par la Confédération européenne des syndicats (CES), le 21 mars dernier, sous thème d'une Europe sociale et démocratique ont rapidement rejoint le flambeau pour la paix.
Dans la matinée du 21 mars, en Belgique, la FGTB, la CSC et la CGSLB ont
organisé conjointement avec le Secrétariat de la CES une manifestation à Bruxelles qui a rassemblée plus de 20 000 militants.
Voir le dossier et les photos sur le site de la FGTB.
Des manifestations et autres initiatives syndicales ont eu lieu en Italie, Espagne, France, Portugal, Allemagne, Danemark, Luxembourg, Grèce, Suède, Malte, Lituanie, République tchèque, Hongrie, Roumanie, Suisse, Norvège, Autriche, Turquie.
De plus, au moment où les hostilités ont commencé en Irak, la CES a réaffirmé son opposition à cette guerre menée par les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Espagne sans légitimité internationale.
La CES dit continuer à croire que l’objectif légitime de la communauté internationale de désarmer le régime de Saddam Hussein aurait été atteint par des moyens pacifiques si les Nations Unies n’avaient pas été mises de côté, si le processus politique n’avait pas été arrêté, ni les inspecteurs empêchés d’achever leur mission.
Finalement, la CES a fait appel à ses organisations affiliées et leur a demandé de réagir au déclenchement de la guerre par tous les moyens possibles incluant des arrêts de travail, grèves et manifestations et de se joindre aussi aux mobilisations de masse afin de reconquérir la paix.
Aux États-Unis, comme l'explique Labor Notes dans son article « Within Unions, Anti-War Forces Mobilize Opposition », un grand nombre de syndicats, incluant la centrale AFL-CIO, se sont prononcés pour la paix.
On comprendra, toutefois, que les interventions des syndicats américains contre la guerre ont été plus ambiguës.
Comme on peut le constater dans un communiqué publié lors du déclenchement des hostilités en Irak, le président de l'AFL-CIO, John Sweeney, affirme son appui aux milliers de soldats américains en Irak et à leur famille.
Monsieur Sweeney précise que son organisation a soutenu un règlement du conflit sanctionné par une large coalition des Nations Unies.
Par ailleurs, il approuve pleinement le but de débarrasser l'Irak de ses armes de destructions massives.
(Vous trouverez une traduction en français de l'article de Labor Notes dans le dernier numéro d'ATTAC-Infos)
Je vous rappelle que vous pouvez consulter la revue de presse spéciale au sujet des déclarations et des actions syndicales dans le monde contre le guerre en Irak.