Le Parti québécois a annoncé lors de son Conseil national, qui s'est tenu le 1er et 2 février 2003,
qu'il envisageait la mise en place de la semaine de quatre jours de travail pour les parents ayant de jeunes enfants.
La proposition du Parti québécois a été froidement accueillie par le milieu des petites et moyennes entreprises qui n'y voit guère que des désavantages.
Alors que les Normes du travail ont fait l'objet d'une révision en profondeur à la fin de l'année 2002 et que cette option de réduction du temps de travail n'a jamais retenu l'attention
du Gouvernement québécois, cette annonce paraît parachutée dans le cadre d'une stratégie électorale qui tente de séduire la population.
Les syndicats sont, pour leur part, restés silencieux quant à cette annonce préférant probablement concentrer leur énergie sur des dossiers plus chauds, tels que l'équité salariale, qui tardent à se régler alors que les grandes négociations du secteur public s'amorceront bientôt.
Dans les faits au Québec, la possibilité d'une réduction du temps de travail dans le cadre de congés parentaux fait déjà partie
de plusieurs conventions collectives depuis de nombreuses années.
Toutefois, la pratique a démontré que cette organisation
de la conciliation travail/famille révèle de nombreux inconvénients tant pour le travailleur ou la travailleuse que pour les autres employés
et les entreprises. Si certains secteurs comme celui de la santé, qui ont une cadence de travail de 24/24 heures et de 7/7 jours,
peuvent tirer profit d'une présence moindre de certains de ses employés pour embaucher plus de personnel ou augmenter le nombre d'heures de travail d'autres employés, la réalité des quatre jours semaine
dans les entreprises où le personnel travaille de 9 à 5 est tout autre.
La réalité vécut quotidiennement démontre qu'il est rare que l'absence de 1/5 du temps d'une employée justifie l'embauche de personnel supplémentaire,
le scénario souvent observable est plutôt une surcharge de travail répartie sur les autres employés de l'entreprise,
ou encore, l'accomplissement de l'ensemble des tâches de la semaine normale de travail en 4 jours par celle qui bénéficie de la réduction du temps de travail.
Le résultat de cet aménagement s'avère souvent une fatigue accrue et une frustration des uns et des autres qui vont en progression jusqu'au terme
de l'entente de réduction du temps de travail. Parfois, même, on constate que les personnes qui bénéficient de ces congés y mettent fin avant la date prévue.
Le 3 février dernier, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI) a dévoilé sa version des coûts de la semaine de quatre jours.
La FCEI a mentionné avoir effectué une analyse des coûts que devront assumer les
entreprises, suite à l'engagement électoral du Parti québécois sur la semaine de quatre jours pour les parents de jeunes enfants.
Monsieur Richard Fahey, vice-président Québec de la FCEI a expliqué « Si seulement 100 000 personnes des
600 000 familles admissibles devaient effectivement se prévaloir d'une telle
mesure, il en coûterait au bas mot 300 millions de dollars par année. Cela
étant, notre estimé est conservateur ».
Précédemment, monsieur Fahey faisait remarqué que « Non seulement les impacts économiques directs seront
importants, mais les coûts indirects le seront également. Cette mesure causera des
casse-tête énormes aux dirigeants d'entreprises dans la gestion quotidienne de leurs
usines et de leurs commerces. Les PME sont déjà très ouvertes à la conciliation
famille-travail. Il importe de privilégier le caractère informel et flexible de leur approche,
gage du haut taux de satisfaction du personnel quant au climat de travail des PME,
contrairement à ce qui prévaut dans la grande entreprise et dans le secteur public. »
En Belgique, où la semaine de 4 jours pour les travailleurs/parents est une réalité,
des intervenants auprès des enfants faisaient remarqués lors d'un colloque intitulé « L'enfant d'abord » tenu en avril 2000, que les gardiennes constatent une évolution préjudiciable aux enfants dans de nombreuses familles : certains enfants sont déposés en garderie de plus en plus tôt le matin et repris de plus en plus tard en fin de journée. Pas nécessairement parce que le temps de travail des parents augmente, mais souvent parce que les parents veulent se donner du temps pour eux, sans contrainte.
Si la semaine de 4 jours s’accompagne d’un allongement de la journée de travail, on peut craindre que les jeunes enfants en aient la vie d’autant plus dure.
Les intervenants proposaient à titre d'alternative de garder la semaine de 5 jours, mais avec des journées de travail plus courtes à condition que les parents répercutent ce temps gagné pour vivre davantage avec leurs enfants et non l’inverse!
Au Québec, la réduction du temps de travail pour l'ensemble des salariés ne s'est pas réellement fait d'adeptes dans les dernières années alors que, de façon générale, le concept de la semaine de quatre jours a gagné l'Europe.
En France et en Belgique, les lois sur la réduction du temps de travail (RTT) permettent l'aménagement du temps de travail sur 4 jours.
En Suisse, en novembre 2001, l'Union syndicale suisse a présenté son document « Réduire la durée travail ».
Le Comité des Femmes socialistes suisses ont mis en place le comité «Bientôt la semaine de 4 jours» qui voulait donner davantage d’élan à l’initiative de l’USS sur le temps de travail.
En plus de viser une meilleure répartition du travail rémunéré et non rémunéré entre les sexes, cette campagne visait aussi la redistribution du travail lucratif rémunéré entre les gens surchargés et les gens au chômage.
Toutefois, la mise en place des nouvelles législations sur la RTT n'ont pas encore démontré de façon évidente qu'elles produisaient un accroissement de l'embauche et une réduction du chômage.
Dans le cas de la Loi des 35 heures en France, il a d'ailleurs été reproché au Gouvernement français qu'elle n'avait pas atteint ses objectifs de réduction du chômage.
Avis aux copains et copines d'Europe qui voudraient immigrer au Québec
Le Québec c'est en Amérique, et oui! Si vous retrouverez ici quelques méthodes de travail européennes soyez surtout prêts à vivre une majorité de méthodes américaines. Les mots-clés sont : compétition et productivité. Votre patron vous permettra de le tutoyer dès le premier jour mais ce même patron pourra vous virer quelques mois plus tard avec seulement trois jours de préavis. Ne comptez pas vos heures supplémentaires. Oubliez vos cinq semaines de congé payés et vos RTT, si vous avez de la chance on vous accordera au mieux trois semaines après un an dans la même entreprise. La norme est de deux semaines par an.
Source : www.immigrer-contact.com |