Il n'était pas possible de publier une chronique le 11 septembre sans parler DU 11 SEPTEMBRE. Celui qui restera dans la mémoire de quelques générations à venir.
Évidemment, le souvenir demeure encore vif de cette journée qui changea les choses pour bon nombre de citoyens de l'Amérique du Nord.
Un an après, plusieurs bilans s'imposent, parmi ceux-ci, la question de la sécurité dans les tours à bureaux a suscité notre intérêt.
Nous savons qu'environ 3 500 personnes ont trouvé la mort dans l'effondrement des deux tours du World Trade Center à New-York, mais nous ne devons
pas oublier que plus de 25 000 autres ont eu la vie sauve. Comme l'explique Robert Solomon de la National Fire Protection Association, l'Association nationale américaine de
protection contre l'incendie, des dizaines de milliers de personnes ont réussi à s'échapper des tours nord et sud du
World Trade Center avant qu'elles ne s'écroulent. Même les personnes qui se trouvaient dans des bâtiments attenants
au World Trade Center, comme l'hôtel Marriott, ont pu être évacuées. Comment cela a-t-il été possible?
Monsieur Solomon raconte « Or le fait que, ce jour-là, des milliers de vies humaines aient pu être sauvées grâce à l'efficacité d'un plan d'évacuation
n'est pas le fruit du hasard. Il est le résultat d'un dispositif de prévention bien précis, qui pourrait être mis en place dans
d'autres édifices où travaillent des milliers de personnes. Il est d'ailleurs probable que ce dispositif de prévention sera
encore amélioré lorsque nous disposerons de tous les rapports des services de secours qui ont participé à l'évacuation
du World Trade Center en septembre. »
De plus, le chef adjoint de la police de New York, John McManus, lors d'une
conférence au Congrès de l'Association canadienne des chefs
policiers ( ACP) à Québec, a souligné certaines forces de l'intervention du 11
septembre dernier : la rapidité d'intervention, la circulation prioritaire
des véhicules d'urgence, les soins apportés aux blessés et l'aide aux
citoyens sont parmi les points cités. « Par contre, ajoute John McManus, la concentration des
décideurs dans un poste de commandement trop près des tours, les
secouristes trop mal équipés en début d'intervention, les systèmes de
communication déficients et le manque de coordination entre les
intervenants sont parmi les points faibles relevés après cette
intervention majeure. Ce qui importe des résultats de l'enquête est de
bien cerner les points forts et de les renforcer davantage s'il y a lieu, de
même que de mettre la main sur les points à améliorer et d'y apporter des solutions. Tous les
services incendies à travers le monde se doivent de tirer des leçons de ces événements. »
Pour sa part, Alan C. McMillan, président du Conseil national de sécurité et ancien sous-secrétaire adjoint
chargé des questions de sécurité et santé professionnelles auprès du ministère américain de la Santé a déclaré « Les attentats du 11 septembre contre le World Trade Center nous ont obligés à revoir complètement notre concept de
sécurité. Cette tragédie a donné un nouveau sens au travail des professionnels de la sécurité: dorénavant, notre rôle est de penser à
l'impensable et de nous y préparer ».
Pour faire état des leçons à tirer du 11 septembre 2001 FlamExpert reproduit un texte de M. François Pagé, de Pagé & Compagnie. Ce dernier a préparé une présentation sommaire, surtout axée sur
les 48 premières heures de la gestion de l'attentat terroriste du 11 septembre, du point de vue du FDNY
(département des incendies de New York). Pagé & Compagnie, qui se spécialise en formation en prévention et gestion
de crises, a regroupé depuis le 11 septembre une impressionnante masse de connaissances sur le sujet,
analysé diverses facettes de manière très approfondie et présenté devant divers auditoires concernés le
fruit de ce travail et les leçons à tirer.
Monsieur Pagé précise « L'étude de la gestion des attentats du 11 septembre est riche en enseignements et mérite d'être
approfondie. En moins de 105 minutes, soit la période entre le premier
attentat et l'effondrement de la deuxième tour, cet acte terroriste aura coûté la vie à 343 pompiers
et ambulanciers du FDNY et à 187 premiers répondants d'autres organisations, en sus des 2828
victimes (dont 63 Canadiens). Leur sacrifice aura permis à plus de 20 000 personnes de s'en tirer
saines et sauves. Mais outre ces vies sauvées, pour que leur sacrifice ne soit pas en vain, pour
que cet héritage profitent à tous, il importe que pompiers, policiers, ambulanciers, gestionnaires de
mesures d'urgences et politiciens prennent le temps requis pour apprendre, comprendre, anticiper
et, éventuellement, agir. »
Des actions concrètes pour renforcer la sécurité dans les édifices ont déjà vu le jour.
Notons, le Guide pour une meilleure gestion des urgences dans les tours et bâtiments à
risque élevé publié en 2002 par le Gouvernement de l'Ontario. Ce guide fait partie d'un plan d’action élaboré par le Bureau du commissaire des incendies en
collaboration avec divers groupes des secteurs privé et public. Il traite des catastrophes d’origine humaine et naturelle.
Finalement, je vous rappelle notre dossier spécial « L'après 11 septembre dans les syndicat »
où vous trouverez de nombreuses références concernant les réactions syndicales face aux mesures de sécurité devant être adoptées tant dans le domaine des édifices que dans les transports.