Dans les dernières chroniques, il a souvent été question des pressions exercées par les organisations du travail
pour mettre fin aux conditions de misère des travailleurs et des travailleuses qui règnent en Birmanie.
Depuis plusieurs mois les organismes syndicaux internationaux et l'Organisation internationale du travail (OIT) sont sur un pied d'alerte et font pression auprès des gouvernements du monde
afin qu'ils exigent le respect des normes internationales du travail en Birmanie.
Plusieurs rapports d'enquête font mention du travail forcé et du travail des enfants dans ce pays.
Les ateliers de misère, où travaillent principalement les femmes, font aussi parties des dénonciations internationales.
Il n'est donc pas étonnant de voir un organisme syndical s'indigner en apprenant que des autorités canadiennes feraient fabriquer des vêtements dans les ateliers birmans.
En effet, le Congrès du travail du Canada (CTC) a obtenu une copie d'un télégramme de l'ambassade des États-Unis en Birmanie selon lequel des
uniformes de police devant être expédiés à Montréal étaient confectionnés dans un atelier de misère birman. Le télégramme
mentionne une visite rendue à une usine de vêtements appartenant
au gouvernement birman à l'issue de laquelle un Américain a «rapporté avoir vu coudre et emballer des uniformes de police à destination de Montréal».
Dans son communiqué, l'organisation syndicale nous informe que le personnel du CTC s'efforce de découvrir qui a commandé ces vêtements.
«Les Canadiens et les Canadiennes ne veulent pas de produits faits dans des ateliers de misère», a déclaré Ken Georgetti, président du CTC.
«Les familles travailleuses expriment très clairement qu'elles ne veulent pas que leur argent finissent dans les mains de militaires répressifs comme ceux qui
sont au gouvernement en Birmanie. Ces uniformes sont sales et nous devons les retrouver.»
À l'usine où les uniformes ont été vus, le salaire de base est de 21,00 $ par mois et la semaine de travail
est de 48 heures (ce qui revient à moins de 11 ¢ l'heure). L'usine appartient au gouvernement birman, régime militaire répressif qui
s'est vu imposer dernièrement des sanctions par l'Organisation internationale du travail en raison des son recours flagrant et
soutenu au travail forcé et autres violations des droits de la personne.
«Pourquoi est-ce que ça arrive encore?», a demandé Jean-Claude Parrot, vice-président exécutif du CTC. «Tout le monde sait depuis des années ce qui se
passe en Birmanie. Au sein de l'OIT, les délégués canadiens représentant le gouvernement, les employeurs et le mouvement
syndical se sont joints au reste du monde pour voter presque unanimement contre le commerce avec le monstrueux régime de
Birmanie... et des entreprises canadiennes recourent encore à ses ateliers de misère et lui versent des fonds qui ne servent qu'à
opprimer encore davantage le peuple de Birmanie.» Le Congrès du travail du Canada a condamné la façon dont la junte militaire
traite la population de Birmanie, et particulièrement son recours au travail forcé, et il continue d'inciter le gouvernement du Canada à
faire plus que de demander poliment aux entreprises de s'abstenir de faire affaire avec la Birmanie.
(Voir notre article du 22 février 2001 - Birmanie : le travail forcé persiste)