Dans le récent rapport sur l'emploi du Bureau international du travail (BIT) on constate que les nouvelles technologies de l'information souffrent d'une sérieuse carence quant à l'accès des femmes à l'emploi.
Bien que les TIC offrent la possibilité de procurer des emplois aux femmes et d'améliorer leur existence,
celles-ci ont toujours des revenus inférieurs à ceux des hommes, sont davantage victimes du chômage et sont
toujours confinées dans les emplois peu qualifiés.
L'aspect le plus frappant de cette fracture est celui qui concerne l'usage d'Internet, les femmes étant à cet
égard minoritaires aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Par exemple,
elles ne constituent que 38 % des usagers d'Internet en Amérique latine, 25 % dans l'Union
européenne, 19 % en Russie, 18 % au Japon et 4 % au Moyen-Orient.
La plupart des internautes sont des hommes qui ont fait des études supérieures et jouissent d'un revenu
supérieur à la moyenne. C'est seulement dans les pays où Internet est le plus utilisé, comme les pays
nordiques et les États-Unis, que l'écart entre les femmes et les hommes a disparu.
Selon le BIT, les schémas de la ségrégation sexuelle se retrouvent dans l'économie de l'information. «Certes,
l'inégalité de rémunération est bien réelle entre ceux qui possèdent des compétences en informatique et les
autres, mais elle existe aussi entre travailleurs qualifiés. Et cette inégalité est souvent aux dépens des
femmes.»
Pourtant, en Inde, la proportion de femmes qui occupent des emplois qualifiés dans l'industrie de
l'informatique est passée à 27 % tandis que, depuis le début des années quatre-vingt-dix, des milliers
de femmes des Caraïbes et de bien d'autres pays ont obtenu des emplois dans le domaine du traitement de
données. En Ouganda, des femmes membres de l'association Sapphire Women, dont des parents sont morts
du sida, tissent des paniers traditionnels qui sont vendus sur Internet avec l'aide d'une ONG américaine.