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La Chronique de l'Itinérant électronique
Volume 4, numéro 6, 22 février 2001
http://www.itinerant.qc.ca/chronique.html

Birmanie : le travail forcé persiste

Alors que la junte militaire birmane multiplie les gesticulations diplomatiques pour éviter les sanctions, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) apporte de nouvelles preuves de travail forcé dans ce pays.

Un communiqué de la CISL du 20 février 2001 nous rappelle que depuis novembre dernier, la Birmanie est sous le coup d'une Résolution de l'Organisation internationale du travail (OIT) qui enjoint aux gouvernements, aux organisations internationales et aux sociétés privées de revoir leurs relations avec le régime de Rangoun en raison de son recours systématique au travail forcé.

Or, certains gouvernements semblent tabler à tort sur une amélioration à court terme de la situation ou rechignent à prendre les mesures prévues par l'OIT, se plaint en substance la CISL dans une communication adressée à l'agence onusienne.

« La junte n'a pris aucune mesure visant à mettre fin réellement au travail forcé. Pire, les militaires et l'administration s'efforcent de cacher l'étendue et la nature du travail forcé imposé à la population civile et tentent de contrer par la propagande, la désinformation et la duperie toute mesure prévue par l'OIT » note la Confédération, qui apporte dans un dossier de trois cents pages, émaillés de témoignages et de documents officiels, les preuves de la duplicité du régime militaire.

Ainsi une liste de victimes compilée par la CISL atteste de l'enrôlement forcé d'enfants de 10 ans, garçons et filles, chargés dans le district de Pa'an, dans l'État Karen, de porter les munitions et l'approvisionnement des militaires. En raison de leur jeune âge, les charges «ont été réduites à 25 kg », relève le rapport.

Un autre cas soumis à l'OIT par la CISL concerne près de 80.000 hommes et femmes âgés de 16 à 68 ans contraints à travailler à la construction d'une route également dans l'État Karen, et impliquant au moins 10 unités de l'armée birmane.

La plupart des incidents relevés par la CISL datent d'après la mise en application de la résolution de l'OIT et certains sont tout récents. «De nombreux faits de travail forcé que nous avons identifiés s'accompagnent de cas de torture, de viols, d'assassinats et de violence», précise la Confédération.

Alors que certains gouvernements, ainsi que l'Union européenne, semblent se féliciter de la libération de prisonniers politiques, la CISL rappelle que ceux-ci n'auraient jamais dû être arrêtés en premier lieu et que la junte s'est toujours illustrée par des gestes "cosmétiques" à la veille de l'arrivée d'importantes délégations étrangères afin de capitaliser sur ces visites.

La Confédération met les gouvernements en garde contre tout relâchement de la pression sur la Birmanie.

La question des sanctions internationales contre la Birmanie est à l'ordre du jour de la prochaine session du Conseil d'Administration de l'OIT qui s'ouvre à Genève le 8 mars. Le Conseil, qui est composé de représentants des gouvernements, d'employeurs et de syndicats, devra examiner un rapport sur la persistance du travail forcé en Birmanie et évaluer les premiers effets des mesures prises suite à sa résolution.

Quant à la CISL, elle organise une Conférence syndicale internationale sur la Birmanie, la semaine prochaine à Tokyo. Il y sera notamment question de cibler les entreprises multinationales actives en Birmanie et de lancer une campagne pour un embargo international sur le commerce avec la Birmanie et sur les investissements destinés à ce pays.

Liens utiles :

  • Le dossier complet de la CISL concernant sa campagne pour le respect des droits en Birmanie
  • OIT - octobre 2000 - Une mission de l'OIT se rend au Myanmar (Birmanie) à l'approche de l'expiration du délai fixé à ce pays pour se conformer à la convention de l'OIT sur le travail forcé



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