Les contaminations à l'anthrax, qui ont été découvertes aux États-Unis, ont provoqué une vague de craintes légitimes envers le traitement du courrier postal.
Certains groupes de travailleurs et de travailleuses sont plus susceptibles d'être en contact avec cette substance dangereuse.
Les organisations du travail ont réagi cette semaine pour tenter d'une part, d'éviter la panique, et d'autre part pour informer leurs membres des précautions à prendre.
Milieu journalistique
Devant les cas qui ont particulièrement visés les entreprises de communication en Floride et à New York,
la Fédération internationale des journalistes (IFJ) a émis un communiqué à l'intention de ses membres le 15 octobre dernier.
Aidan White, secrétaire général de l'IFJ déclare «nous ne voulons pas que les personnes soient effrayées
par les derniers développements au sujet de l'exposition à l'anthrax, mais c'est le moment d'être prudent et de s'assurer
que les règles de santé et sécurité sont observées.»
Ajoutant qu'il n'y avait pas lieu de paniquer, le secrétaire général de l'IFJ a cependant recommandé aux représentants syndicaux de sa filiale américaine, la Guilde des journalistes (TNG-CWA), affilié à la CWA,
de rencontrer rapidement les directions des médias pour discuter des précautions et de directives à suivre pour le personnel
qui doivent manipuler le courrier postal. En plus d'offrir une ressource pour fournir des informations supplémentaires à leurs membres par courrier électronique,
l'IFJ recommande de consulter la page Web www.hazards.org/anthrax.htm.
Dans la même lignée, la Guilde des journalistes des États-Unis a mis en ligne une série de documents d'information à l'intention de ses membres.
Le document en ligne contient des informations très concrètes concernant les actions à prendre dans le cas où les travailleurs sont mis en présence de la matière dangereuse.
En l'occurrence, concernant le droit de refus de travail dans les cas où la santé et la sécurité des travailleurs sont mises en cause,
dans le cadre du traitement du courrier susceptible d'être contaminé à l'anthrax, la Guilde recommande à ses membres de se prévaloir de leur droit de refus et réclame que des mesures de sécurité adéquates soient mises en place.
Par ailleurs, qu'il s'agisse des attaques à l'anthrax ou de la couverture médiatique des événements, les travailleurs de l'information étatsuniens sont, depuis le 11 septembre, soumis à de fortes pressions dans l'exercice de leur profession.
La Guilde des journalistes a rendu disponible à ses membres une page spéciale pour recueillir les témoignages de ces derniers.
L'une des grandes questions que se pose l'organisation américaine des journalistes repose sur la conciliation entre l'attitude patriotique et la responsabilité journalistique dans l'exercice de leur profession.
Travailleurs et travailleuses des postes
De la même manière, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes du Canada (STTP) a émis une série de directives à l'intention de ses membres.
Et, dans ce cas-ci, on peut bénéficier de l'information en français.
À l'instar de leurs collègues américains de l'U.S. Postal Service (USPS), le STTP rappelle qu'il s'agit d'une situation qu'il ne faut pas prendre à la légère, mais il ne
faut pas paniquer. «Néanmoins, précise le STTP, il est important de suivre la procédure établie pour l'identification et la manipulation d'envois suspects
découverts dans le courrier. Il s'agit simplement de continuer de porter attention au courrier que nous manipulons en sachant reconnaître les
caractéristiques principales des envois suspects.» Ces caractéristiques peuvent inclure:
odeurs bizarres, formes étranges, taches graisseuses, emballage excessif, fils de métal saillants, inscriptions restrictives (p. ex.
« confidentiel »), absence de l'adresse de l'expéditeur, affranchissement exagéré, courrier en provenance de l'étranger, mots contenant des
erreurs d'orthographe, enveloppes volumineuses ou rigides, envois portant seulement le titre du destinataire. Les envois adressés à Oussama ben
Laden ou marqués de commentaires racistes ou menaçants doivent aussi être considérés comme suspects.
Que faire si vous trouvez un tel envoi? Surtout, ne l'ouvrez pas et ne l'expédiez pas dans un autre secteur de travail. Avisez sans tarder la représentante ou le représentant de la SCP et votre délégué ou déléguée d'atelier. La SCP verra alors à contacter les autorités, qui s'occuperont ensuite de l'envoi en question.
Lorsque vous aurez signalé la substance ou l'envoi suspects au représentant de Postes Canada, tous les employés et employées devraient quitter les lieux où ils se trouvent, et l'accès à ces lieux devrait être interdit à tout le personnel.
Le STTP rappelle aussi le droit de refus au cas où des procédures de sécurité n'auraient pas été mises en place.
Finalement, les directives à suivre dans le cas où un travailleur se croit contaminé.
Que faire si vous croyez avoir été contaminé?
Rincez-vous les mains et les bras à l'eau tiède afin d'enlever l'agent de contamination et les micro-organismes le cas échéant.
Lavez-vous les mains, y compris sous les ongles, et les bras à l'eau et au savon.
Lavez-vous les mains et les bras de façon répétée en savonnant et en rinçant.
Finalement, attendez que les autorités locales vous fournissent l'information ou le suivi médical nécessaire, le cas échéant.
Risques de contamination biologique au travail
En matière de prévention des risques biologiques au travail, on retrouve sur le site du l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) de France,
un extrait du Code du travail qui précise les directives et règles à suivre pour prévenir la contamination par des agents biologiques.
Selon la liste des agents biologiques (fichier pdf) disponible sur le site des médecins du travail du Bas-Rhin (AIMT67) on apprend que l'anthrax (bacillus anthracis)
est considéré comme faisant partie du groupe 3 défini par le Code du travail comme les agents biologiques pouvant provoquer une maladie grave chez l'homme et constituer un danger sérieux
pour les travailleurs ; leur propagation dans la collectivité est possible, mais il existe généralement une prophylaxie ou un traitement efficaces.
On trouvera aussi sur le site du Département de santé et sécurité au travail des États-Unis une série de documents d'information générale concernant l'anthrax.