Le site du monde du travail Plan de site Moteur de recherche Courriel
Menu no 2
LES NATIONALES
- NAV Canada fait de la discrimination contre les francophones
- Construction navale : Que de bonnes nouvelles!
L'INTERNATIONALE
- Les syndicats financés par les entreprises?
- Russie : Femmes travailleuses, levez-vous!
- Plan de modernisation technologique à l'IMF
- France : Projet de modernisation sociale, l'échec n'est pas envisageable!
- Courriels racistes en entreprise, un syndicat africain réagit
- La Lufthansa et les pilotes cherchent toujours un accord
LES LECTURES
- Violence auprès des femmes dans les secteurs d'emploi non traditionnellement féminins
- De choses et d'autres... sur le Web
- Une étude réalisée par Ipsos pour le magazine Rebondir.
- Le vieillissement des populations : Une série de mesures recommandées par le Conseil économique et sociale (CES).
- "Modernisation : un nouveau rapport au travail?"
- Stratégies envisagées par La Poste de France pour amener ces postiers à optimiser leur utilisation de l'Internet.
- À l'agenda
- Le 16 juin 2001, un rassemblement national emploi-jeunes, à Paris.
- Une pétition pour l'emploi-jeunes sur le site de la CFDT.
LES P'TITES VITES
- Les brèves
Formulaire pour envoyer ce lien à un ami
La Chronique de
l'Itinérant électronique


Le Cybermagazine des travailleurs
Vol. 4, no 16, 31 mai 2001 barre

Vous êtes présentement dans une chronique archivée, cliquez ici si vous désirez vous rendre à la chronique la plus récente.

Le cybermagazine des travailleurs et des travailleuses vous propose une revue hebdomadaire des actualités nationales et internationales du monde du travail et du syndicalisme.

Rédaction et production
Monique Fréchette

barre
JE M'ABONNE À LA LETTRE ÉLECTRONIQUE!
¬¬¬¬¬¬
Les nationales
¬¬¬¬¬¬


cubeNAV Canada fait de la discrimination contre les francophones

Dans un communiqué du 28 mai 2001, le Syndicat des Travailleurs canadiens de l’automobile (TCA) et l'Association canadienne du contrôle du trafic aérien (ACCTA) dénoncent fortement les cas de discrimination envers les francophones du Québec commis par NAV Canada. Cet organisme à but non-lucratif fut créé en 1995 par le gouvernement fédéral pour gérer le trafic aérien au Canada, en plus d'administrer tout le personnel relié au secteur et d'en assurer la formation.

Les TCA dénoncent la décision de NAV Canada de ne plus faire de formation de contrôleur aérien en français et de ne plus offrir de formation en langue seconde. Pourtant, ces cours étaient donnés avant la création de Nav Canada quand le contrôle aérien était sous la responsabilité du ministère fédéral des transports. De plus, Nav Canada a décidé unilatéralement, et sans l'accord du gouvernement fédéral, de ne plus recruter de personnes unilingues françaises pour ses cours de formation en contrôle aérien, ce qui contrevient directement à la Loi sur les langues officielles du Canada, à la Charte des droits et libertés de la personne de même qu'à la Charte de la langue française du Québec.

Pour Luc Desnoyers, directeur québécois des TCA, «la décision de NAV Canada contrevient directement à la volonté du gouvernement fédéral dans le transport aérien. Plus de 25 ans après la bataille des Gens de l'air, les francophones sont encore l'objet de discrimination dans le transport aérien. Il est inadmissible que les francophones doivent être bilingues avant d'être admis au cours de formation de NAV Canada, alors que ce n'est pas le cas pour les anglophones».

«Je ne crois pas que ce fut la volonté de Jean Chrétien, de Paul Martin, de Stéphane Dion, de Denis Coderre, ou de Pierre Pettigrew de faire de la discrimination envers les francophones lors de la création de NAV Canada. L'armée canadienne demande-t-elle à ses recrues d'être bilingue avant de les former? Le port de Montréal refuse-t-il d'embaucher des débardeurs unilingues français? Le gouvernement fédéral refuse-t-il de donner des cours de perfectionnement dans la langue seconde? Bien sûr que non, alors pourquoi NAV Canada le fait-il?», d'ajouter Luc Desnoyers.

En conséquence, les TCA ont décidé de déposer une plainte officielle à la commissaire aux langues officielles contre NAV Canada. Si la plainte devait être retenue, les TCA exigeront le retour aux anciennes règles, soit l'accessibilité aux cours de formation en contrôle aérien pour les francophones et la disponibilité de cours de formation dans la langue seconde pour les stagiaires de NAV Canada.

Ironiquement, NAV Canada a reçu, ce 28 mai, le prix Eagle 2001 de l'Association Internationale des transporteurs aériens (IATA). Ce prix est l'un des deux prix décernés chaque année par l'IATA à des aéroports et à des services de navigation aérienne qui, pour reprendre les mots de l'IATA, «optimisent les services qu'ils offrent aux lignes aériennes et qui cherchent constamment à améliorer leur rendement et leur efficacité».

Imprimer et/ou envoyer ce texte



cubeConstruction navale : Que de bonnes nouvelles!

Les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) étaient fiers d'annoncer la reprise des travaux au chantier d'Halifax. Même si on ne peut pour l'instant voir une corrélation avec les démarches entreprises pour une politique de la construction navale au Canada, la proposition continue, pour sa part, de faire son petit bonhomme de chemin.

Dans la lettre d'information Contact du 29 mai 2001, les TCA-Québec nous apprenait que plus de 400 travailleurs membres de la FTCN/TCA reviendront au travail au chantier naval d'Halifax au cours de l'année grâce à une commande de 150 millions de dollars visant la construction de deux nouveaux navires de haute mer plus la possibilité d'un troisième navire.

Politique de construction navale

Dans le dossier de la politique de la construction navale, au début du mois de mai, la coalition syndicale a demandé à rencontrer le ministre Tobin afin de savoir ce qu'il compte faire pour aider l'industrie. On trouve sur le site de la Confédération des syndicats nationaux, un communiqué qui nous fait un rappel des événements marquants depuis le début de cette démarche politique auprès du gouvernement canadien. La coalition souligne «Ce rapport, élaboré par le Comité du projet de partenariat national, un comité paritaire composé de représentants du patronat et des syndicats, fournit enfin des solutions pour que le Canada puisse affronter à armes égales la concurrence déloyale des chantiers maritimes étrangers, qui peuvent compter sur l'appui de leur gouvernement.»

On se rappellera, notamment, qu'en avril dernier, le groupe de travail industrie-syndicats avait déposé ses recommandations (Voir notre article du 12 avril 2001). Les porte-parole de la coalition syndicale ont également annoncé qu'ils feront la tournée des armateurs canadiens. Ils veulent vérifier auprès d'eux si le rapport du Comité du projet de partenariat national leur fournit les outils pour faire construire dorénavant leurs bateaux au Canada.

Imprimer et/ou envoyer ce texte

¬¬¬¬¬¬
L'internationale
¬¬¬¬¬¬


exclamation

Les syndicats financés par les entreprises?


Les Français ont parfois de ces idées qui leur valent la célèbre expression «Y sont fous, c'est gaulois!» Toujours est-il que l'idée, qui peut sembler farfelue mais qui serait tout à fait sérieuse, est venue par Henri Emmanuelli, le président de la commission des finances de l'Assemblée nationale, et par Jean Le Garrec, le président de la commission des affaires sociales. Les deux députés socialistes auraient élaboré un projet de proposition de loi visant entre autres à faire contribuer les entreprises au financement des organisations syndicales. Comment? En effectuant un prélèvement sur la valeur ajoutée des sociétés.

Le texte, pour le moins audacieux, serait actuellement entre les mains des cinq confédérations françaises FO, CFTC, CGT, CGC et CFDT. Une rencontre est prévue prochainement avec les deux députés. Reste à savoir quelle va être la réaction des différentes centrales face à cette proposition qui relance de ce fait le débat sur la représentativité syndicale.

Source : DRHActu, chronique juridique du 25 mai 2001



cubeRussie : Femmes travailleuses, levez-vous!

Femmes russes - cueilleuses de coton - Photo OIT

«C’est l’horreur! Le froid l’hiver et la chaleur l’été. Les toits fuient. Les vêtements de travail ne sont pratiquement pas fournis. Les sols sont glissants. Dans certains ateliers, ça devient très dangereux. Il y a une commission hygiène et sécurité au sein du syndicat, mais je me demande ce qu’elle fait. J’ai moi-même attiré son attention sur l’état déplorable d’un des ateliers où travaillent en majorité des femmes. Je ne suis pas sûre qu'ils ont pris la peine de s’y rendre. Les toilettes restent dans l’état où elles étaient il y a trente ans. Et la cantine est dans un état effroyable : je n'arrive pas à y rester plus de cinq minutes. Par contre, les bureaux des cadres dirigeants ont été plusieurs fois réaménagés et rénovés.»

Témoignage de Tatiana Stukan, Présidente du Comité "Femmes" du Syndicat de l'usine de moteurs de Tutaev (TMZ). dans "Messager Syndical : Quelles sont les conditions de travail à l'usine?"

Dans le dernier numéro "Le messager syndical" de l'organisation militante ATTAC, on apprend la création d'une comission "femmes" au sein du syndicat "Unité" de l'usine Avtovaz à Toliatti. Cette commission a pour tâche de s'occuper des problèmes des femmes travaillant dans l'usine, de lutter contre la discrimination qui frappe les femmes dans la production et la vie quotidienne. Cette commission est prête à collaborer avec l'autre syndicat de l'entreprise et avec le comité de production dans l'usine : «Nous élevons les enfants, faisons la lessive, la vaisselle, préparons les repas, nettoyons la maison, toutes ces tâches retombent sur nous, les femmes. Ce travail que les hommes nous font porter est au dessus de nos forces. Écrasées par le travail, nous n'avons pas de temps pour participer à la vie sociale et politique, alors que nous comprenons que le pouvoir prend des mesures dont dépend l'avenir de nos enfants. On nous a transformées en brebis soumises. (...) Chaque femme consciente de la situation se pose la question : que pouvons nous faire pour la défense de nos droits? La commission "femmes" du syndicat "Unité" s'adresse à toutes les femmes : Réveillez vous! Pensez à l'avenir de nos enfants. Femmes travailleuses! Nous ne pouvons laisser le gouvernement adopter un Code du travail qui nous transforme en un troupeau de travailleurs sans droits. Il faut des mesures décidées de résistance : meetings, piquets, etc.» (Extrait de la déclaration de la Commission).

Le 9 avril, dans les locaux de la Confédération panrusse du travail, s'est tenue une conférence des femmes travailleuses. Elle a rassemblé des représentantes des organisations syndicales de la région de Moscou ainsi que des organisations de branches de la Confédération. Les participantes ont souligné la nécessité d'organiser les femmes travailleuses au sein des organisations syndicales existantes et la mise en place d'un réseau regroupant ces initiatives à l'échelle de la Fédération de Russie. Lors de cette réunion ont été débattus les problèmes spécifiques liés au travail des femmes. Il a été également décidé de prendre des contacts avec les structures similaires existant dans les autres pays.

Au cours des dix dernières années, la situation des femmes en Russie s'est dégradée de façon brutale, en relation directe avec les changements intervenus sur le plan social et économique :

1. Traditionnellement, en Russie, les femmes travaillent dans la sphère des services. Au cours des dix dernières années, la proportion des femmes dans ce secteur a fortement diminué. Le commerce, l'alimentation, mais aussi les assurances et les secteurs financier et bancaire sont devenus des secteurs de travail masculin, car les salaires y sont beaucoup plus élevés que par le passé, et il est socialement valorisé d'y travailler.

2. L'emploi des femmes a encore augmenté dans les professions et les secteurs de l'économie où les salaires sont particulièrement bas.

3. Les grilles de salaires des femmes sont inférieures de deux à trois échelons à celles des hommes.

4. Le salaire des femmes est de 30% inférieur à celui des hommes.

5. Les femmes ayant une formation supérieure ne trouvent pas d'emplois correspondant à leur qualification. Elles n'ont pas accès à des postes de cadres. Elles travaillent à domicile ou font du commerce dans les rues.

La situation économique en Russie a entraîné la disparition des emplois pour les femmes ayant une formation supérieure ou une qualification professionnelle élevée. Sur les 7,8 millions d'emplois supprimés entre 1990 et 1998, 80% étaient occupés par des femmes.

Le marché du travail en Russie a pour caractéristique le fait que les femmes sont écartées du secteur légal vers le secteur informel criminalisé (micromarchés, commerce dans les rues, prostitution). Réduites à une forme d'esclavage dans des structures criminalisées, elles perdent leur dignité et ce droit fondamental qu'est le droit à un travail. L'État n'intervient plus dans la réglementation du travail et ne veille plus au respect de la législation du travail. Plus de 9 millions de personnes travaillent aujourd'hui dans le secteur informel, souvent sans contrat, sans salaire légal, avec l'interdiction pour les femmes d'être enceinte, sans versement des allocations et indemnités et sans garantie de toucher un jour une retraite.

Extrait de "Femmes en Russie. Inégalité, chômage, violences", Entrevue avec Elizaveta Bojkova, responsable du Forum indépendant des femmes, une des principales ONG de femmes de la Fédération de Russie.

Imprimer et/ou envoyer ce texte



cubePlan de modernisation technologique à l'IMF

La Fédération internationale des organisations de travailleurs de la Métallurgie (IMF) a adopté la semaine dernière un important plan de modernisation technologique. En réunion à Venise en Italie, les 22 et 23 mai dernier, Marcello Malentacchi, secrétaire général de la IMF a expliqué pourquoi il est nécessaire pour son organisation d'augmenter ses activités dans le secteur des NTIC. «Le but est de renforcer la position de l'IMF, nous avons un important membership dans cette nouvelle branche économique» de dire Marcello Malentacchi.

On peut prendre connaissance du résumé des actions prévues par l'IMF sur son site Web. Le document, qui devrait bientôt être disponible en plusieurs langues, est pour l'instant uniquement en anglais. "Summary of the proposed new IMF Action Programme"

Imprimer et/ou envoyer ce texte



cubeFrance : Projet de modernisation sociale, l'échec n'est pas envisageable!

Le Journal La Tribune du 29 mai rapporte que le gouvernement a accédé à la requête des communistes qui demandaient le report de quelques jours du vote solennel sur la loi de modernisation sociale prévu ce 29 mai 2001. En effet, on constate sur le site de l'Assemblée nationale que le vote est reporté au 13 juin prochain. C'est qu'il persiste encore plusieurs insatisfactions autour de ce projet de loi majeur. En particulier, le volet sur les licenciements collectifs demeure l'un des irritants mais d'autres volets de la vie des travailleuses et des travailleurs sont aussi en jeu dans cette affaire.

Ce projet de loi, dont on retrouve le texte intégral sur le site de l'Assemblée nationale, comme bien d'autres, n'est pas parfait. Mais il est clair pour l'UNSA que son échec constituerait un grave recul. Selon l'UNSA, ce projet, sur de nombreux points, comprend des avancées : droit à l'information des représentants du personnel, lutte contre la précarité des emplois, accès de l'emploi aux travailleurs handicapés, lutte contre les discriminations, égalité professionnelle, lutte contre le harcèlement moral, formation professionnelle et apprentissage (notamment la validation des acquis de l'expérience), élections prud'homales, mais aussi la prévention des licenciements et le droit au reclassement.

À la CFDT, le secrétaire général, Jacky Dintinger, mentionne dans un éditorial du 29 mai dernier, «Le report au 13 juin prochain du vote solennel de la loi de modernisation sociale à la seule initiative du Parti communiste n'est pas une bonne chose pour le dialogue social. Il m'amène à me poser une question : les organisations syndicales sont-elles toujours considérées comme des partenaires à part entière?»

Le secrétaire général ajoute «Il y a pourtant urgence à répondre aux inquiétudes des salariés déstabilisés par l'annonce de plans sociaux. Il est scandaleux que le gouvernement soit davantage préoccupé de l'unité de sa majorité que du respect de ses engagements vis-à-vis des partenaires sociaux et des salariés, notamment ceux de Marks & Spencer, LU, AOM-Air liberté…Il est à craindre que le report n'apporte aucune amélioration substantielle au projet actuel et qu'il n'aura fait que retarder l'adoption d'un texte que les salariés attendent depuis trop longtemps. Les salariés qui vont être licenciés n'ont que faire des querelles internes de la gauche plurielle, des diktats d'une composante minoritaire de la majorité et des intérêts électoraux du Parti communiste aujourd'hui, ou d'un autre, demain.»

Depuis plus d’un an, la Confédération générale du travail (CGT) a fait de nombreuses propositions pour donner à ce texte, dans ses différents volets, une ambition sociale qui continue à lui faire défaut. Selon le communiqué de la CGT du 28 mai 2001, pour la partie concernant les licenciements, l’actualité confirme la pertinence des problèmes soulevés par la CGT et des propositions qu’elle a maintes fois formulées, tant auprès des parlementaires que des pouvoirs publics.

La CGT ajoute «L’indignation suscitée par les annonces successives de plans de suppressions d’emplois, les mobilisations des salariés dans les entreprises, les groupes, les localités, la mobilisation nationale du 22 mai ont pesé sur les débats.»

«Mais, force est de constater que l’on est encore loin des propositions formulées dans notre courrier du 7 mai dernier, adressé à la Ministre du Travail et aux groupes parlementaires» précise la CGT. Nous ne trouvons pas – loin s’en faut – la traduction législative permettant aux salariés, à leurs représentants de bénéficier de nouveaux droits pour s’opposer avec plus d’efficacité aux plans de licenciements.

La CGT réaffirme l’urgence de véritables droits pour les salariés à intervenir sur la marche de leur entreprise, quelle que soit sa taille, et à une véritable «sécurité sociale professionnelle».

Toujours selon la CGT, l’absence de démarches et d’initiatives syndicales unitaires des confédérations reste préjudiciable à la défense des intérêts des salariés. C’est la raison pour laquelle, au-delà de son propre engagement, la CGT s’adresse aux autres forces syndicales pour leur proposer d’élaborer ensemble des revendications et des initiatives pour l’ouverture d’une négociation interprofessionnelle permettant de garantir à tous les salariés un véritable droit à l’emploi.

Quant à Force Ouvrière (FO), Marc Blondel, secrétaire général estime que «Les salariés n'ont rien à gagner de joutes politiciennes sur le terrain des relations sociales»

Blondel ajoute « Le texte initié par le gouvernement en matière de licenciements économiques et plans sociaux ne nous donnait pas entièrement satisfaction. Il était indigent en matière de définition du motif, on pouvait notamment différencier les licenciements dus à l'évolution de la conjoncture économique des licenciements justifiés pour des raisons spéculatives par exemple. Par ailleurs l'intervention des travailleurs et de leurs organisations devrait être renforcée notamment pour le suivi. Si le résultat concret du report du vote du projet de loi de modernisation sociale consiste à développer la présence de salariés administrateurs dans les Conseils d'Administration ou de surveillance, cela ne changera en rien la situation réelle des salariés dans les entreprises.»

Pour Force Ouvrière ce qui est en cause c'est l'application d'une politique économique et sociale qui fait la part belle au marché, où la réglementation appuie la libéralisation, où l'accompagnement social sert essentiellement à limiter la casse. Le concept de démocratie sociale est particulièrement ambigu. Il vise bien souvent à vouloir calquer sur les relations sociales les principes de la démocratie politique alors que l'on se situe dans deux sphères différentes : le pouvoir et l'intérêt général d'un côté, le contrepoids et la représentation d'intérêts collectifs particuliers de l'autre. Pour Force Ouvrière, il est clair que le principe et la pratique de l'indépendance syndicale sont inaliénables, que Force Ouvrière demeure libre de son comportement et que le concept de majorité plurielle syndicale est par définition voué à l'échec. En tout cas, pendant le report, les problèmes continuent, tant dans le secteur privé que dans le secteur public.

Il est aussi intéressant d'apprendre que, dans le cadre des licenciements ou des fermetures d'usine, le 22 mai 2001, l’OCDE recommande aux gouvernements de faciliter aussi bien la naissance de nouvelles entreprises que la disparition de celles qui échouent.

Imprimer et/ou envoyer ce texte



cubeCourriels racistes en entreprise, un syndicat africain réagit

L'affaire se passe en Afrique du Sud alors que des courriers électroniques à saveur raciste circuleraient sur le réseau de l'entreprise Nestlé. La FAWU (Food and Allied Workers Union), affiliée à la centrale COSATU, a la ferme intention de faire mettre fin à ces pratiques qu'elle considère dégradante pour les travailleurs noirs.

En l'occurrence, le communiqué de la centrale syndicale COSATU du 25 mai 2001, déclare qu'il s'agirait d'un courriel contenant des images qui illustreraient les travailleurs noirs comme étant paresseux alors que les travailleurs blancs y font figure d'employés modèles et assidus. Ainsi s'en suit un scénario basé sur la fable de la cigale et de la fourmi avec la moralité qu'on lui connaît.

Le syndicat FAWU entend avoir une rencontre avec les gestionnaires de l'entreprise afin de mettre fin à ses pratiques dégradantes. Les dirigeants syndicaux ont déclaré «ce genre d'attitude ne doit jamais être toléré dans aucune circonstance».

Des outils pour agir!

Sur la route de l'abolition du racisme en entreprise, on trouve des syndicats qui se sont impliqués. Notamment, la confédération syndicale CFDT en France a développé une série de fascicules pour amplifier ses actions de sensibilisation, d’information et de formation des équipes syndicales pour permettre aux structures syndicales de s’emparer de ces questions. On trouve aussi sur le site de la CFDT, les résultats d'une recherche menée de 1995 à 1997 par Michel Wieviorka, directeur du Cadis (Centre d’analyse et d’intervention sociologiques). Suite aux résultats de cette enquête sur le terrain, en 1998, la CFDT a poursuivi ses actions de sensibilisation, d’information et de formation des équipes syndicales. Plus de 500 responsables ont participé à ces réunions.

Seule une action volontariste sur le lieu de travail peut transformer une situation de discrimination. Sur la démarche, il ne faut pas laisser passer des comportements inadmissibles. Si un patron ou un salarié se rend coupable d’un acte raciste, il doit être sanctionné. Le racisme n’est pas une opinion, mais un délit, puni par la loi.

Déclaration de la CFDT - Agir contre le racisme

En furetant sur Internet, vous trouverez aussi au Bureau international du travail, "Pratiques de formations antidiscriminatoires en Belgique" une recherche qui porte sur la formation antidiscriminatoire qui part du principe que, pour faciliter l'égalité de traitement et l'intégration professionnelle des migrants et des minorités, le meilleur moyen est de s'attaquer à la discrimination - directe ou indirecte, officielle ou officieuse - qui est pratiquée sciemment ou inconsciemment par les responsables et par les entreprises.

Il est clair que le tissu social change, notamment dans les grandes villes canadiennes. À titre d'exemple, en 2001 à Montréal, le Conseil central du Montréal métropolitain de la Confédération des syndicats nationaux (CCMM-CSN) compte, parmi les 75 000 travailleuses et travailleurs réunis au sein de 525 syndicats qui lui sont affiliés, plus de 20 000 membres provenant d'une trentaine de communautés culturelles autres que québécoise de souche. C'est d'ailleurs en raison de cette évolution que le comité immigration est à l'oeuvre pour faciliter l'intégration des immigrants à la société québécoise, notamment en organisant des sessions de formation sur le français langue de travail et en faisant la promotion d'une société pluraliste et ouverte.

Toujours au Canada, le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) offre à ses membres des ateliers "Combattre le racisme en milieu de travail". L’atelier définit le racisme et ses racines. Il permet de discuter des expériences vécues au travail et de ce qui fait du racisme un problème syndical.

Parmi les actions concrètes qui peuvent être menées pour contrer le racisme en entreprise, il y a les codes de conduite adoptés pour l'entreprise elle-même. À ce chapitre, on trouve l'exemple de l'entreprise Ford relaté dans le Labor Magazine de la Confédération mondiale du travail (CMT) en octobre 1999. Le PDG de la firme automobile Ford s’était déplacé en Grande-Bretagne pour signer, avec les syndicats, un accord contre la discrimination raciale dans l’entreprise. Une série d’incidents racistes s’étaient produits dans l’usine de Dagenham, mais la politique globale d’embauche était aussi en cause. En 1997, sept ouvriers asiatiques et afro-caribéens avaient été écartés de l’atelier “camions” au profit d’Européens ; les salaires de ce département sont plus élevés et, curieusement, les travailleurs de couleur n’y sont que 2 %, pour 45 % en moyenne dans l’usine. En septembre 1999, plusieurs manifestations antiracistes ont eu lieu dans l’entreprise, après qu’un ouvrier asiatique ait été agressé par un collègue blanc. L’accord signé par le président de Ford contient l’engagement de fournir une égalité de chances à toutes les communautés ethniques dans toutes les usines du groupe en Grande-Bretagne.

Imprimer et/ou envoyer ce texte



cubeLa Lufthansa et les pilotes cherchent toujours un accord

L’arbitrage du conflit qui oppose, depuis quatre mois déjà, les pilotes à la compagnie aérienne Lufthansa a commencé hier avec l’intervention de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Hans-Dietrich Genscher. Une porte-parole de la compagnie a confirmé l’ouverture des discussions. Tous les participants ont gardé le silence sur le déroulement de la procédure. Le syndicat des pilotes Cockpit a renoncé à tout mouvement de grève pendant la durée de la médiation. La confédération syndicale (DGB) a critiqué l’orientation suivie par les pilotes et menacé d’un creusement des négociations tarifaires à l’échelle nationale.

La durée de cette délicate médiation reste floue. La procédure doit toutefois être menée rapidement et en vue du succès. M. Genscher a accepté la médiation de ce conflit en raison de l’importance de la Lufthansa pour le lieu d’implantation que représente l’Allemagne. Selon l’accord de médiation, sa recommandation n’est pas obligatoire. L’acceptation de sa décision par les deux parties sera considérée comme le résultat des négociations tarifaires. En revanche, si l’une des parties la refuse, la procédure se soldera par un échec.

La semaine dernière, la Lufthansa et Cockpit avaient définitivement annoncé l’échec des négociations tarifaires. Cockpit exige une augmentation salariale de 24 % pour les 4200 pilotes et copilotes de la compagnie. Pour l’année 2001, la Lufthansa avait proposé une hausse de 10,6 % du salaire de base et une participation aux résultats de la compagnie équivalant à deux mois de salaire. Ces dernières semaines, deux grèves de 24 heures avaient conduit à l’annulation de plusieurs centaines de vols. La vice-présidente de la confédération syndicale, Ursula Engelen-Kefer, craint que l’action des pilotes ne mette la solidarité syndicale en danger et n’incite d’autres catégories professionnelles à se démarquer.

Source : Nouvelles quotidiennes d'Allemagne du 29 mai 2001

Imprimer et/ou envoyer ce texte

¬¬¬¬¬¬
Lectures
¬¬¬¬¬¬


cubeViolence auprès des femmes dans les secteurs d'emploi non traditionnellement féminins

Voici un très bref extrait, d'un long article paru dans la Revue PISTES de mai 2001 "Violence auprès des femmes dans les secteurs d'emploi non traditionnellement féminins et indemnisation" de l'auteure Marie-Josée Legault. Il s'agit des premiers résultats d'une étude empirique réalisée dans cinq entreprises de divers secteurs qui ont mis en place des initiatives d'intégration des femmes dans des secteurs d'emploi non traditionnellement féminins (SNT).

L'hypothèse de base de cette recherche est que les organisations sont traversées par des conflits entre plusieurs groupes d'appartenance, plutôt qu'unies par l'adhésion à une soi-disant « culture organisationnelle » unique; bien sûr, la direction et les travailleurs forment deux groupes dont les intérêts peuvent s'opposer. Mais ce ne sont pas les seules fractures qui divisent les organisations : les travailleurs peuvent aussi se diviser, s'opposer et s'affronter entre eux, tout comme le personnel de direction. L'entrée des femmes dans un milieu traditionnellement masculin crée de nouveaux facteurs de division du collectif de travailleurs et, même si on trouve des milieux où les choses se passent dans l'harmonie, elles peuvent aussi se dérouler avec violence.

Ce sont de ces aspects liés à la violence dont traite l'auteure. Cependant, madame Legault précise mais qu'ils ne fassent pas oublier d'autres dimensions de ces expériences. Non seulement il existe aussi «de belles histoires» d'intégration de femmes dans les SNT, mais encore il y a dans l'ensemble de ce mouvement une dimension indéniablement progressiste d'amélioration des possibilités de choix d'orientation et, en dernière instance, d'équité.

Ce sont les données recueillies qui ont amené, Marie-Josée Legault, à traiter de la violence au travail que subissent ces femmes, plutôt qu'une trajectoire en sens inverse qui émanerait d'un intérêt pour la violence au travail et qui pousserait à en rechercher des manifestations contemporaines.



cubeDe choses et d'autres...

bouton

En dépit de l'amélioration de la conjoncture économique, et notamment de la baisse du chômage, l'étude réalisée par Ipsos pour le magazine Rebondir montre que bon nombre de cadres ressentent comme un malaise face à une situation professionnelle qui semble s'être parfois dégradée. Si un mouvement social de revendication sur leur statut se développait, les trois-quarts d'entre-eux y participeraient.

bouton

Le vieillissement des populations semble attirer l'attention des organisations de tout genre. Notamment, l'UNSA de France portait un regard, cette semaine, sur une série de mesures recommandées par le Conseil économique et sociale (CES). Les mesures destinées à mieux reconnaître et à promouvoir ce rôle, suggère que soient mieux prises en compte toutes les dimensions économiques de ce phénomène, préconise des solutions pour assurer une meilleure représentation des personnes retraitées et âgées dans le débat collectif.

L'UNSA précise «Ce n'est pas la première fois que le gouvernement demande au Conseil économique et social (CES) d'étudier la question des personnes âgées dans notre société. Cette fois, la saisine est très précise : il s'agit du rôle des personnes âgées et de leur expression dans le débat public. L'avis étudie, méthodiquement, le phénomène de vieillissement de notre société, son accélération, et les disparités qu'il recouvre. Il met en évidence la perte de signification de l'identification par l'âge et analyse pourquoi, néanmoins, le vieillissement portait une connotation péjorative dans notre représentation sociale. Il montre que la déformation de la pyramide des âges ne devrait avoir que de faibles incidences sur le chômage et sur le volume de la consommation mais aurait un impact réel sur la structure de la consommation ainsi que sur la composition de l'épargne et des patrimoines.»

Aussi au Québec, dans le numéro de mai 2001 de la revue scientifique PISTES, un dossier d'analyse intitulé "Vieillissement, organisation du travail et santé"

bouton

Chez Tripalium, on nous offre le résumé d'une nouvelle étude du CNRS "Modernisation : un nouveau rapport au travail?". L'individualisation du travail est un fait constate Danièle Linhart, auteure de la recherche et directrice de recherche du laboratoire Travail et mobilités au CNRS. Selon les recherches, les pratiques managériales ont depuis plus de trente ans brisé les grandes catégories collectives et promu une individualisation du traitement des salariés. De plus, l'individualisation s'est accompagnée d'une volonté systématique des managers d'incorporer les salariés dans la culture et la rationalité de la "one best way managériale". Ces réaménagements des formes d'implication des salariés sont de fait , selon Danièle Linhart, destinés à servir de socle pour une intensification du travail. Celle-ci s'accompagne de fortes exigences en matière de flexibilité, de disponibilité, d'adaptativité, d'efforts pour accroître sans cesse ses compétences, que les salariés ont été contraints d'accepter!

bouton

Dans le cadre de l'intégration de nouvelles technologies dans le travail des salariés, le Journal du Net nous parle des stratégies envisagées par La Poste de France pour amener ces postiers à optimiser leur utilisation de l'Internet. Dans son article "La Poste s'appuie sur ses agents pour déployer Illiclic", le Journal du Net précise que La Poste entend mettre à la disposition de ses travailleurs une offre incitative pour se procurer du matériel informatique à coût réduit.



cubeÀ l'agenda

bouton

À l'appel des confédérations syndicales, il y aura le 16 juin 2001, un rassemblement national emploi-jeunes, à Paris au Champ de Mars de 12h à 16h.

Vous êtes aussi invité à signer une pétition pour l'emploi-jeunes sur le site de la CFDT.

¬¬¬¬¬¬
Les p'tites vites
¬¬¬¬¬¬


cube LES BRÈVES :
(Note : Certains titres de cette section sont en anglais)


Québec - FTQ - 30 mai 2001 - Politique Jeunesse : « Un engagement tenu qui devra être rapidement suivi d’un plan d’action »


Québec - CSN - 30 mai 2001 - Projet de loi 31 amendant le Code du travail - La réforme doit répondre aux revendications des travailleurs, pas à celles du patronat


Corée - Korea Herald - 30 mai 2001 - Ominous summer labor disputes loom as plans for mass strike take shape


International - Le Monde - 30 mai 2001 - La fusion Alcatel-Lucent menacerait 30.000 emplois


Québec - CSQ - 29 mai 2001 - Réforme du Code du travail - Le projet de loi 31 doit connaître des modifications importantes


France - Le Nouvel Observateur - 29 mai 2001 - Santé : les salariés du privé dans la rue


France - CFDT - 28 mai 2001 - Les 35 heures «administrées» risquent d'être une occasion ratée de moderniser les services publics


Canada - AFPC - 28 mai 2001 - 87 000 membres de l’AFPC qui demandent le respect accordent un mandat de grève à leur syndicat


Afrique du Sud - AFROL - 26 mai 2001 - Child labour uncovered in South Africa


Quévec - AFPC - 25 mai 2001 - Une autre victoire pour l’équité salariale : les tribunaux habiletés à rendre leurs jugements


Québec - TCA - 24 mai 2001 - Les TCA demandent la modification ou le retrait du projet de Loi 28

CHRONIQUE DE LA SEMAINE PRÉCÉDENTE
ABONNEMENT
au sommaire hebdomadaire par courrier électronique

LES ARCHIVES DE LA CHRONIQUE

Une bonne semaine à tous et à toutes!

Monique Fréchette
Pour m'écrire : mf@itinerant.qc.ca



Financement
Le Site du monde du travail et, plus particulièrement, la Chronique hebdomadaire de l'Itinérant électronique ne bénéficient d'aucune subvention gouvernementale ou privée. Sa survie dépend surtout de la générosité de ses abonnés de soutien. Adhérez dès aujourd'hui!


ISSN 1481-0069
© 2001 L'Itinérant électronique enr. - La reproduction est interdite, sauf a des fins non commerciales avec mention de la source.

La politique de ce site est basée sur le respect des droits de la personne




[ Accueil ]