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Amérique latine - Situation de la main-d'oeuvre

Ce dossier contient une sélection de textes sur la situation des travailleurs et des travailleuses en Amérique latine. Aussi vous y trouverez des informations sur les actions citoyennes et syndicales concernant les accords commerciaux de l'Aléna, la ZLÉA et le Mercosur.



Liens pertinents

  • Confederación General del Trabajo (CGT) (Officielle)

  • Attac - Belqique - Tribunal argentin sur la dette

  • Le lent naufrage de l'Argentine par CARLOS GABETTA, Journaliste, directeur de l'édition argentine du Monde diplomatique, Buenos Aires.
  • Manifestations anti FMI :
    les syndicats argentins mettent le modèle économique néo-libéral en cause

    Un texte de Brigitte Verdière du 24 janvier 2001


    Grèves et actions à répétition contre les concessions faites au FMI pour l’obtention d’un prêt de quelque 40 milliards de $US secouent l’Argentine depuis un an. Les syndicats et la population mettent en cause le modèle économique néo-libéral imposé par le gouvernement De la Rúa.


    Le 18 décembre, le Fonds monétaire international (FMI) a décidé d’accorder à l’Argentine 39,7 milliards de USD de prêts sur trois ans : 13,7 milliards du FMI lui-même ; 10 milliards des banques locales ; 3 milliards des fonds de pension. La Banque Interaméricaine de développement (BID) et la Banque Mondiale accorderont 2,5 milliards chacune et le gouvernement espagnol offrira 1 milliard de USD. La condition majeure assortie à ces prêts est la réduction de la dette publique.

    Deux jours plus tard, face au Ministère de l’Économie, quelque 55 000 manifestants (15 000 selon la police) se réunissaient à l’appel de la Centrale Générale des Travailleurs (CGT) officielle. Cette aide «ne sert à rien s'il n’y a pas de croissance, cela servira seulement à garantir aux créanciers qu’il y a de l’argent pour payer la dette extérieure et pour soutenir la convertibilité de la monnaie» a dit le secrétaire général du syndicat, Rodolfo Daer. Avant d’inviter les journalistes à filmer les manifestants «pour que ceux du FMI, de la Banque Mondiale les voient et sachent que le peuple ne veut pas vivre dans la pauvreté et marginalisation».

    Potion amère

    En septembre dernier, Attac et le Tribunal Éthique sur la dette extérieure de l’Argentine, écrivaient : «Alors que 55 enfants meurent faute d’alimentation et de soins appropriés, chaque jour 33 millions de dollars extraits des richesses produites par notre pays sont versés à l’étranger au titre de la dette extérieure.» Le Tribunal évalue à plus de 110.000 millions de dollars américains la somme que quelques Argentins ont détournée vers l’étranger.»

    L’Argentine connaît sa pire récession depuis dix ans. Le chômage est de 15 %, la croissance du PIB ne dépasserait pas 1% en l’an 2000, contre 4% dans la région et le pays est endetté à hauteur de 15,3 milliards de USD. Pour réduire le déficit des finances publiques, le gouvernement s’est attaqué aux salaires de la fonction publique et a augmenté les impôts.

    Fin décembre, le Président De la Rúa a promulgué un décret d’urgence lui permettant d’adopter les dernières mesures : augmentation de l’âge de la retraite pour les femmes de 60 à 65 ans et réduction des allocations sociales et de santé. À cela s’ajoute un projet de loi du travail qui entérinera une réforme syndicale, afin de revoir les conventions collectives et de réduire le monopole des syndicats agréés, notamment dans le domaine des oeuvres sociales qu’ils administrent.

    Contestations à répétition

    Toutes ces mesures ont été contestées dès leur annonce. Depuis son élection en décembre 1999, De la Rúa a essuyé plus d’actions de contestation que tous ses prédécesseurs!

    En novembre, toutes les centrales (CGT officielle, CGT dissidente, la Centrale des Travailleurs Argentins (CTA), avec le soutien du Parti Justicialiste de l’ancien président péroniste Carlos Menem et le Front pour un Pays Solidaire (Frepaso) ont lancé une grève qui a paralysé le pays pendant 36 heures. Son thème était la contestation la politique économique du Président Fernando De la Rúa et du de la privatisation du système de santé.

    Au cours du premier semestre 2000, les syndicats, alliés à d’autres composantes de la société civile (étudiants, ONG), ont lancé plusieurs actions : grèves mais aussi actions plus radicales. Nommées « puebladas », elles sont suivies par la population qui dénonce, à sa manière, ses souffrances. Souvent violentes, elles consistent en occupations et coupures de routes, mises à sac de supermarchés. Elles sont durement réprimées.

    Politique et réforme syndicale

    La politique n’est jamais absente des débats. En novembre dernier, quand le gouvernement central a voulu imposer le gel des dépenses sociales aux provinces, les provinces contrôlées par les péronistes (qui contrôlent aussi le Sénat) ont refusé de signer.

    Les anciens dirigeants sont pourtant en grande partie responsables de la situation actuelle. Dépenses incontrôlées, fuite de capitaux ont marqué le «règne» Menem. Certains analystes pointent aussi du doigt la corruption généralisée née durant cette période et qui se traduit par un climat de plus en plus mafieux.

    Conduite par le camionneur Hugo Moyano, la CGT dissidente (non agréée) invite à la création d’un Front national, social et productif avec des politiciens, des entrepreneurs et avec la pastorale sociale de l’Église catholique. Moyano veut offrir une véritable force de négociation contre la politique économique actuelle.

    La CGT dissidente a élaboré une réforme alternative à la loi promulguée par le gouvernement l’an dernier. Le Congrès devrait l’examiner : la législation l’oblige en effet à prendre en considération toute initiative proposée par au moins 1,5% du corps électoral. La réforme a recueilli des 45000 signatures.

    Actions en vue

    La plupart des centrales syndicales réclament une hausse du montant de la retraite minimum et du salaire minimum vital. Elles exigent des mesures pour améliorer les rémunérations et les allocations familiales, augmenter les retraites et accorder des subsides pour les personnes privées d’emploi.

    Début mars, la CGT officielle appelle à une nouvelle grève de 36 heures contre toutes ces réformes. Même si les autres centrales ne la rejoignent pas ce jour-là, l’année qui s’ouvre sera encore fertile en protestations.

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