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campagne contre les exactions
campagne contre les exactions

Industrie minière :
une nouvelle campagne contre les exactions

Amnistie internationale a entamé cet automne (septembre - novembre 2007) une campagne qui vise à dénoncer les violations des droits de la personne perpétrées par les compagnies minières canadiennes dans le monde.

Intitulée Exploitez sans exploiter !, la campagne d'Amnistie demande, notamment, que le gouvernement canadien adopte une législation permettant de poursuivre ici les compagnies minières canadiennes qui violent les droits humains et dont les activités créent des torts irrémédiables à l'environnement. Elle demande également au gouvernement fédéral de faire pression sur l'Organisation des Nations unies pour faire adopter un mécanisme qui obligerait les compagnies minières à obtenir le consentement des communautés concernées par l'exploitation. Des rapports d'impact doivent être rendus obligatoires avant le démarrage de tout projet par une entreprise canadienne, demande l'organisme. Enfin, elle a pour but d'affirmer notre solidarité avec les victimes des violations.

Le Canada, gros (et mauvais joueur)

Le Canada est un joueur important dans le secteur minier : plus de la moitié des compagnies minières dans le monde sont canadiennes (155 sur 304, chiffres de 2005). Et 70 % de leurs activités se déroulent hors de nos frontières. Des sociétés canadiennes sont ainsi présentes en Afrique (Mali, République démocratique du Congo), en Europe (Roumanie), en Amérique centrale et du Sud (Costa Rica, Guatemala, Mexique, Équateur), en Asie (Indonésie, Philippines) pour ne citer que quelques pays. Elles extraient de l'or, du cuivre, du zinc, de l'argent.

Les conditions de travail y sont épouvantables, incluant le travail des enfants dans certaines régions. En fait, une fois hors de chez elles, les compagnies canadiennes se conduisent trop souvent comme des hors-la-loi. Amnistie signale des cas d'intimidation. Des populations sont déplacées pour laisser place à l'exploitation, les groupes autochtones divisés, les cultures détruites. Aux Philippines, l'ouverture d'une mine à ciel ouvert à Canatuan, dans l'île de Mindanao par TVI Pacific Inc. a certes créé des emplois mais elle a aussi privé des mineurs artisanaux de leur gagne-pain et affecté les cultivateurs de riz et les pêcheurs qui vivent en aval des installations minières. Les concentrations de sédiments et de métaux dans les rivières et les criques de la région les rendent impropres à l'exploitation.

Au Mali, IAMGOLD, une compagnie canadienne, possède 38 % de la Société d'exploitation des mines de Sadiola (consulter la vidéo « Le prix de l'or » sur youtube.com) qui exploite les deux principales mines d'or du pays. Là aussi, l'implantation des mines a mené au déplacement forcé de populations et à la privation des ressources traditionnelles : des terres ont été expropriées, des villages déplacés et les activités agricoles et pastorales ont diminué. Seules les paysans et nomades pouvant présenter des titres de propriété ont été indemnisés correctement.

Plus connu, car largement médiatisé (écouter les reportages d'Isabelle Girard sur Radio-Canada) est le projet de la Barrick Gold d'exploiter une mine d'or à Pascua Lama, à la frontière de l'Argentine et du Chili. La mine serait située dans les hauteurs de Andes. Les eaux de ruissellement pollueraient la vallée de Huasco au Chili, un centre agricole fertile situé juste au sud du désert d'Atacama. La commuanuté autochtone Diaguita de Huasco-Altino a déposé une plainte devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme. Elle dénonce l'approbation donnée au volet environnemental du projet par le gouvernement chilien et les « opérations de charme » menées par la Barrick Gold auprès de certaines municipalités et de certaines personnes (cadeaux aux enfants, promesse d'une ambulance à une municipalité, de reloger les personnes âgées).

Au Mexique, des citoyens se battent depuis dix ans contre la mine Metallica Resources qui exploite des mines d'or et d'argent à ciel ouvert dans les collectivités de Cerro de San Pedro, San Luis Potosi. La filiale mexicaine de Metallica procède à des explosions à la dynamite.

Marquer notre solidarité

Les cas sont hélas nombreux. Comme à Huasco, comme à San Pedro et San Luis de Potosi, les communautés se mobilisent. Elles font signer des pétitions, mènent des actions en justice. Mais, même lorsque les tribunaux leur donnent raison, ces décisions sont rarement suivies d'effet sur le terrain.

C'est pourquoi, outre les pressions à mener sur le gouvernement canadien pour un consentement préalable des communautés à l'exploitation, un des volets de la campagne est de marquer notre solidarité avec les victimes des violations. Ainsi, les sympathisants peuvent signer des chandails ou des cartes postales qui seront envoyés à la communauté Intag d'Équateur. Dans cette communauté, Jaime Polivio Pérez et Mercy Catalina Torres, deux militants actifs contre l'implantation d'une mine de cuivre ont été menacés pour leur militantisme. M. Pérez a reçu des menaces de mort et Mme Torres a été agressée physiquement par un homme cagoulé. Tous deux dénoncent la manière non transparente dont est mené le projet d'exploitation de cuivre dans leur communauté. Ils craignent l'impact de cette mine sur l'environnement dans la région, une réserver naturelle où la plupart des habitants vivent d'agriculture.

Cette campagne n'est pas la première qu'une ONG mène sur ce thème. Développement et Paix, Mining Watch Canada, Droits et Démocratie, Kairos ont déjà dénoncé cet état de fait. Plusieurs films existent sur le sujet et l'AQOCI (Association québécoise des organisations en coopération internationale) en fera le thème de ses journées de solidarité internationale du 8 au 18 novembre 2007.

Pour signer la pétition en ligne d'Amnistie internationale :
www.amnistie.ca/images/stories/section_agir/campagnes/mine_campagne/

Pour militer avec Amnistie :
www.amnistie.ca/content/view/80/179/

Pour intégrer le groupe de Montréal Centre Ville, veuillez contacter
Brigitte Verdière amnistie07@yahoo.fr


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Loin des regards, les petites filles dans les mines - Organisation internationale du travail (OIT) - 13 septembre 2007 -

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